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  Syrie
Répression AntiKurdes

Répression antikurdes en Syrie

Les Kurdes de Syrie vont passer Nowrouz dans le deuil


DAMAS, 20 mars (AFP) - 12h57 - Les Kurdes de Syrie vont marquer dimanche dans le deuil la fête de Nowrouz, le Nouvel An kurde, en raison des affrontements sanglants qui ont opposé pendant six jours des membres de cette minorité ethnique à des tribus arabes et aux forces de l'ordre.

Alors que le calme régnait samedi dans les régions du nord-est de la Syrie (o les Kurdes sont majoritairement installés), des contacts se poursuivaient entre les différentes parties afin d'éviter une nouvelle explosion.

Le collectif rassemblant onze partis kurdes en Syrie a décidé d'annuler les festivités devant marquer dimanche le Nowrouz et d'observer le "deuil" pour les victimes des heurts du 12 au 17 mars.

"La direction kurde réunie à Qamichli (600 km au nord-est de la Syrie) a décidé de considérer la journée de Nowrouz, jour de deuil général pour les fils du peuple kurde", affirme le collectif dans un communiqué à l'AFP.

Le collectif demande également aux Kurdes "de ne pas allumer des feux dans les quartiers résidentiels, conformément aux traditions marquant la nouvelle année".

Le Nowrouz est la principale fête Kurde et sa célébration par ce peuple non-arabe remonte à l'an 712 av. JC.

Le collectif a réclamé "que soit mis fin aux provocations des forces de sécurité, de l'armée, de la police et des milices du parti Baas (au pouvoir)", et a lancé un "appel urgent pour sortir le pays de la situation dangereuse o il se trouve".

Il a également demandé que "cessent les appels à une intervention étrangère", allusion faite aux appels lancés à partir du Kurdistan irakien en faveur d'une intervention de l'Onu pour protéger les Kurdes de Syrie.

Des affrontements opposant des Kurdes aux forces de l'ordre ou à des tribus arabes dans des régions du nord de la Syrie ont fait 40 morts en six jours, selon des sources kurdes, et 25 morts selon un bilan officiel syrien.

Les Kurdes de Syrie (qui représentent plus de 10% d'une population de 18 millions d'habitants) réclament depuis longtemps la reconnaissance de leur culture et d'être tous traités comme des citoyens à part entière, ainsi que la restitution de leur nationalité à quelque 250.000 d'entre eux qui en ont été privés.

Les troubles ont éclaté le 12 mars à Qamichli (600 km au nord-est de Damas), avant un match du championnat de football, lorsque des partisans de l'équipe adverse, des Arabes venus de la ville de Deir el-Zor, ont lancé des slogans hostiles aux chefs kurdes irakiens et ont brandi des portraits du président irakien déchu Saddam Hussein.

Le lendemain, des manifestations de protestation ont tourné à l'émeute et se sont étendues à d'autres localités du pays.

Les tribus sunnites arabes de l'est de la Syrie sont historiquement proches de celles de l'autre cté de la frontière en Irak. Le plus souvent il s'agit des mêmes tribus que les frontières dessinées au début du siècle dernier ont séparées.

Selon des activistes kurdes, les autorités syriennes ont arrêté plus de 2.000 personnes au cours de rafles menées dans les villages du nord et les quartiers kurdes de Damas et d'Alep, la deuxième ville du pays.

Depuis le retour du calme mercredi soir, les autorités syriennes ont "libéré 600 personnes interpellées samedi dernier dans la banlieue de Damas, selon un responsable kurde.

"Quelque 1.500 autres demeurent en détention dans les gouvernorats de Hassaké (nord-est) et Alep (nord-ouest)", o ont eu lieu les troubles meurtriers.

A Qamichli et dans les villages du nord-est, la situation était calme samedi, ont constaté des journalistes de l'AFP. Cependant, une certaine tension continuait de régner dans la région, et les Kurdes insistaient pour que leurs problèmes soient réglés de manière politique.

Plusieurs réunions à Qamichli entre les partis kurdes et des chefs de tribus arabes n'ont pas permis d'aboutir à un modus vivendi, malgré les appels à "la fraternité kurdo-arabe".

Selon une source kurde, une nouvelle rencontre entre les parties adverses devait avoir lieu samedi.