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  Syrie
Répression AntiKurdes

Répression antikurdes en Syrie

Le "nowrouz" des Kurdes assombri par la crainte d'attentats


ERBIL (Irak), 19 mars (AFP) - 15h46 - Les Kurdes du nord de l'Irak, marqués par les attentats de février à Erbil, célèbreront avec discrétion dimanche le "nowrouz", le nouvel an kurde, qui concide avec l'anniversaire du début de la guerre en Irak o la violence a redoublé ces derniers jours.

Tous les habitants d'Erbil vont célébrer leur principale fête civile, mais il n'y aura aucune manifestation publique après les sanglants attentats suicide qui ont coté la vie à 105 personnes le 1er février, ont indiqué vendredi à l'AFP des responsables politiques.

"Nous sommes tous très préoccupés par le nowrouz", a affirmé à l'AFP Bruska Shaways, le numéro 2 du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) qui contrle deux provinces du nord de l'Irak. "Nous ne pouvons empêcher les gens de sortir de chez eux, tout ce que nous pouvons faire c'est tenter de prévenir de nouveaux attentats", dit-il.

"Les attaques suicide sont quelque chose de nouveau pour nous", affirme Bruska Shaways à propos des attentats qui ont visé simultanément les sièges à Erbil des deux principaux partis kurdes, le PDK, qui contrle les provinces d'Erbil et Dohouk, et l'Union Patriotique du Kurdistan (UPK, de Jalal Talabani) qui contrle la province de Souleymaniyah.

"Nos forces de sécurité, en particulier les peshmergas (combattants kurdes) ne sont pas habitués à ce genre d'attaques, ils sont experts en matière de guérilla, mais pas pour la sécurité publique", dit M. Shaways qui est chargé des questions militaires et de sécurité.

Ce responsable a révélé que l'enquète avanait: "nous aurons des choses à dire dans un mois", assure-t-il en soulignant que les recherches s'orientaient vers "des terroristes étrangers soutenus par Ansar Al-islam", un groupe islamiste kurde radical.

Pour l'heure, les responsables ont multiplié les barrages, surtout la nuit, et ont déployé un nombre impressionnant de policiers et de peshmergas. Un barrage filtrant sur la route qui mène à Bagdad, à 350 km plus au sud, empêche les voitures immatriculées dans la capitale de rentrer dans Erbil.

Les étrangers eux-mêmes ne se sentent plus en sécurité dans cette région qui a bénéficié depuis avril 1991 d'une protection aérienne occidentale interdisant toute action militaire du régime du dictateur Saddam Hussein, renversé par les Américains le 9 avril 2003.

"Tout le monde a peur pour la fête de Nowrouz", dit Alain Sailler qui travaille à l'Institut franais des Langues étrangères qu'il cherche à déménager vers un local "plus sr". "Nous avons interrompu les cours en janvier, après plusieurs attentats à la fin de l'année dernière", dit ce Franais de 39 ans.

Lui-même va rentrer en France, avec sa femme kurde. Il a en effet échappé de peu aux attentats de février. "j'aurai d être au PDK au moment de l'attaque pour présenter mes voeux aux responsables du parti à l'occasion de l'Ad", la fête musulmane du sacrifice. "Mais, j'ai eu un empêchement de dernière minute qui ne m'a pas permis d'être à l'heure".

Il ira tout de même dimanche avec sa femme et sa belle-famille faire un pique-nique à la campagne, qui est la sortie préférée des gens d'Erbil.