Rojava

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Cynisme

Une trahison. Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier l’attitude de Donald Trump à l’égard de ses alliés kurdes. On ne sait si le retrait américain de la zone frontalière sera confirmé : cette perspective rencontre une forte opposition au sein de l’administration américaine. Mais l’intention du Président n’est pas douteuse : il veut abandonner les Kurdes à leur sort.

Rappelons-nous. Quand les alliés ont voulu empêcher les terroristes de l’Etat islamique de s’installer dans leurs terres de conquête, il a fallu trouver des soldats capables d’affronter les islamistes sur le terrain. Les puissances occidentales ne souhaitaient pas déployer des troupes au sol, en dehors de quelques centaines de combattants des forces spéciales : elles se sont tournées vers les Kurdes. Dans leur intérêt, bien sûr, mais aussi dans celui des Occidentaux, ces soldats courageux se sont retrouvés en première ligne. C’est en grande partie grâce à leur abnégation et à leur efficacité que les enclaves créées par Daech sont tombées une à une.

Et voici que pour toute reconnaissance, les Etats-Unis, mollement désapprouvés par les Européens - notamment les Français, pourtant proches des Kurdes -, envisagent très sérieusement d’abandonner purement et simplement leurs alliés aux coups de l’armée turque. Cynisme et double jeu : tels sont les principes qui gouvernent cette trahison annoncée. Nul simplisme dans ce diagnostic. On sait que la Turquie, depuis des lustres, redoute plus que tout la constitution d’un embryon de Kurdistan autonome à sa frontière, qui servirait de point d’appui et de référence à la forte minorité kurde présente sur son sol. Mais cette affaire complexe est justiciable d’une négociation entre les parties, qui assurerait la sécurité de nos alliés. On prévoit la désertion. Elle resterait comme une tache sur l’honneur des démocraties.

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Trump abandonne les Kurdes syriens à leurs ennemis turcs

Trump abandonne les Kurdes syriens à leurs ennemis turcsLundi 7 octobre 2019 à 19h13

Lefigaro.fr | Adrien Jaulmes

En annonçant le retrait des troupes américaines de la frontière syro-turque, la Maison-Blanche donne à la Turquie le signal qu’elle attendait pour envahir le Rojava.

Les camps syriens, «bombes à retardement» jihadistes

Les camps syriens, «bombes à retardement» jihadistesMercredi 2 octobre 2019 à 19h32

Liberation.fr | Aimad Hesso , docteur en Géographie

Tribune. Ils sont six, installés dans le nord-est de la Syrie, sur le territoire des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par la coalition internationale. Six camps, qui hébergent près de 100 000 personnes. Surtout des déplacés, c’est-à-dire des Syriens qui ont fui les régions les plus marquées par le conflit dans leur pays pour trouver refuge dans des zones plus calmes. On en compte au total 6,5 millions. Les réfugiés - ceux qui ont quitté la Syrie - sont quant à eux 5 millions, principalement installés dans les pays voisins : la Turquie, le Liban, la Jordanie et l’Irak surtout. En tout, un Syrien sur deux a déjà connu une migration.

Entretien avec Hamit Bozarslan sur la situation des Kurdes en Irak et en Syrie

Entretien avec Hamit Bozarslan sur la situation des Kurdes en Irak et en SyrieLundi 13 mai 2019 à 18h13

Lesclesdumoyenorient.com | Propos recueillis par Claire Pilidjian

Hamit Bozarslan est docteur en histoire et en sciences politiques et directeur d’études à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales). Intéressé par la question des processus de violence, il publie Crise, violence et dé-civilisation en analysant ces processus dans « les angles morts de la cité », aux éditions du CNRS, en 2019. Aujourd’hui, il travaille sur les anti-démocraties du XXIe siècle.