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POINT SUR LA SITUATION EN TURQUIE

CILDEKT
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Liste
NO: 231

15/2/2002

  1. NOAM CHOMSKY DÉNONCE LA POLITIQUE AMÉRICAINE EN TURQUIE ET SOUHAITE UN “ KURDISTAN AUTONOME ”
  2. UNE CHAINE DE TÉLÉVISION LOCALE INTERDITE PENDANT 365 JOURS POUR AVOIR DIFFUSÉ UNE CHANSON D’AMOUR DU MUSICIEN KURDE SIVAN PERWER
  3. ARRESTATION DE 59 MEMBRES DU HADEP EN UN MOIS
  4. LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME CONDAMNE LA TURQUIE POUR LA TORTURE ET LA MORT D’UN JEUNE KURDE
  5. GUENTER VERHEUGEN PRESSE ANKARA DE REGLER LA QUESTION DE LA PEINE DE MORT ET DE L’EDUCATION EN KURDE
  6. HUMOUR : LE PREMIER FORUM ENTRE OCI-UE LA DIVERSITÉ CULTURELLE SE TIENT À ISTANBUL !
  7. LU DANS LA PRESSE TURQUE : LES AVEUX D’UN “ BON POLICIER ” : HEUREUX “ D’AVOIR TUÉ BEAUCOUP DE KURDES ”
  8. TENSION DIPLOMATIQUE ENTRE L’UE ET LA TURQUIE


NOAM CHOMSKY DÉNONCE LA POLITIQUE AMÉRICAINE EN TURQUIE ET SOUHAITE UN “ KURDISTAN AUTONOME ”


L'éditeur turc de l'intellectuel et linguiste américain Noam Chomsky a été, le 13 février, acquitté par la Cour de sûreté de l'Etat (DGM) d'Istanbul qui le poursuivait pour propagande séparatiste au sujet du livre “ l'interventionnisme américain ” qui évoque le problème kurde.

M. Chomsky n'était pas poursuivi personnellement dans cette affaire, mais a tenu à assister au procès en raison de sa “ responsabilité morale d'être humain ” à la situation en Turquie. “ Je suis responsable des crimes commis en Turquie. Quand les Etats-Unis fournissent 80 % des armes de la Turquie dans le but précis de perpétrer une violente et brutale répression [contre les Kurdes], c'est ma responsabilité, et je veux aller à l'endroit où cela se passe ”, a expliqué N. Chomsky.

Le propriétaire des éditions Aram, Fatih Tas, qui demeure poursuivi pour plusieurs autres livres traitant de la question kurde, a remercié l'auteur américain pour sa présence qui a “ aidé à cette décision d'acquittement ”, a-t-il dit à l'issue de l'audience. “ Nous ne nous attendions pas à ce verdict ”, a dit M. Tas, qui avait plaidé non coupable des accusations de propagande séparatiste, “ et nous pensons que la justice turque doit apprendre à plus respecter ses justiciables ”. M. Chomsky a pour sa part souhaité que l'acquittement de M. Tas soit “ un pas vers l'établissement de la liberté d'expression en Turquie ”. Il a insisté sur la “ situation très difficile ” des intellectuels turcs, jugeant que leur combat pour la liberté d'expression est “ un exemple pour le monde entier ”.

Dans son livre citant des extraits de cours donnés à l'Université de Harvard, M. Chomsky dénonce les ventes d'armes américaines à la Turquie, utilisées pour la “ répression envers les Kurdes ”, a-t-il rappelé. “ Des pays comme l'URSS, la Chine ou les dictatures militaires d'Amérique latine interdisaient ou interdisent mes livres, mais c'est la première fois que quelqu'un est poursuivi pour la publication de mes cours, c'est tellement extrême que je voulais être là pour le soutenir ”, a dit M. Chomsky.

Noam Chomsky s’est ensuite rendu à Diyarbakir, car cette ville “ est le centre des activités de répression ”, a-t-il estimé. Lors d'un symposium organisé par des organisations non gouvernementales locales, M. Chomsky a souhaité la création “ un jour ” d'un “ Kurdistan autonome ” au Proche-Orient qui regrouperait des millions de Kurdes disséminés dans plusieurs pays de la région. “ J'espère qu'un jour il y aura un Kurdistan autonome et que des dizaines de millions de Kurdes vivront sur ses terres ”, a-t-il dit à Diyarbakir. “ Les habitants de ce Kurdistan seraient autonomes politiquement et indépendants culturellement ”, a-t-il continué.

Par ailleurs, l'écrivain américain a soutenu la revendication d'un enseignement du kurde dans les établissements scolaires. “ J'ai du respect pour le kurde, je respecte aussi ceux qui œuvrent avec courage pour demander à apprendre leur langue maternelle dans les écoles ”, a-t-il notamment dit. L'instruction dans une autre langue que le turc, donc le kurde, est interdite par la Constitution turque. Les dirigeants y sont catégoriquement opposés alors qu'elle constitue l'un des droits culturels que l'Union européenne, à laquelle la Turquie veut adhérer, lui demande de concéder à sa population kurde.

Concernant les objectifs de son pays en Irak, menacé par une éventuelle extension de la campagne anti-terroriste américaine, M. Chomsky a estimé que les Etats-Unis utiliseraient la Turquie comme “ mercenaire ” contre ce pays en lui promettant en contrepartie les champs pétrolifères kurdes de Kirkouk et de Mossoul. “ Une telle éventualité (militaire) provoquerait une explosion au Proche-Orient et une révolution en Arabie Saoudite ”, a-t-il estimé.

M. Chomsky a rencontré à Diyarbakir des membres du Parti de la Démocratie du Peuple (HADEP), qui milite pour la reconnaissance des droits culturels des Kurdes et fait l'objet d'une procédure d'interdiction pour liens avec les séparatistes kurdes de Turquie.

UNE CHAINE DE TÉLÉVISION LOCALE INTERDITE PENDANT 365 JOURS POUR AVOIR DIFFUSÉ UNE CHANSON D’AMOUR DU MUSICIEN KURDE SIVAN PERWER


Le Haut Conseil de l'audiovisuel turc (RTUK) a, le 11 février, décidé d'interdire de diffusion pendant un an une chaîne de télévision à Diyarbakir pour “ émissions de nature à soutenir le PKK ”. Selon les responsables de la chaîne, le RTUK a pris cette décision car GUN TV, a diffusé une chanson du musicien kurde Sivan Perwer, qui pourtant ne parlait que d’amour. Le RTUK doit annoncer ultérieurement quand la décision prendra effet.

Depuis sa création en 1994, le RTUK a déjà suspendu pendant des laps de temps divers plus de 500 chaînes de radio et de télévision, selon les chiffres officiels.

ARRESTATION DE 59 MEMBRES DU HADEP EN UN MOIS


Le parti pro-kurde de la Démocratie du peuple (HADEP) a, le 11 février, annoncé que cinquante-neuf de ses membres ont été arrêtés en un mois dans plusieurs villes turques pour avoir soutenu une vaste campagne en faveur d'un enseignement en langue kurde dans les écoles et les universités. Cette campagne a débuté en novembre et des milliers d'étudiants ont été interpellés en Turquie pour avoir signé des pétitions en ce sens. Le Premier ministre turc Bulent Ecevit s'est catégoriquement opposé il y a deux semaines à un enseignement en kurde en Turquie. “ C'est impossible ”, a-t-il notamment dit, dénonçant des “ manœuvres de certains pays d'Europe visant à diviser la Turquie ”.

L'Union européenne à laquelle la Turquie souhaite adhérer, lui réclame plus de droits culturels pour sa population kurde, en particulier une télévision et un enseignement en kurde.

LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME CONDAMNE LA TURQUIE POUR LA TORTURE ET LA MORT D’UN JEUNE KURDE


La Cour européenne des droits de l'Homme a, le 14 février, condamné la Turquie pour la mort d'un jeune Kurde, décédé en 1993 après avoir été torturé par les forces de sécurité. Abdulselam Orak est mort le 25 juin 1993 à l'âge de 23 ans, deux semaines après son arrestation par les forces de sécurité turques qui le soupçonnaient d'être impliqué dans les activités du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le gouvernement turc a expliqué que le jeune homme qui serait mort des suites d'un traumatisme à la tête, avait essayé de s'échapper et qu'il avait été blessé dans la bagarre qui avait suivi.

“ Le gouvernement ne fournit aucune explication plausible pour les régions ecchymotiques réparties entre autres sur les bras, la cuisse, les plantes des pieds et les pariétaux ainsi que pour les égratignures sur les parties génitales ou les causes de la congestion cérébrale ayant apparemment entraîné la mort ”, note la Cour dans son arrêt. La Cour souligne que Abdulselam Orak était en bonne santé avant son arrestation et qu'il n'a été transféré à l'hôpital, dans le coma, que “ six jours après la tentative d'évasion alléguée ”.

La Turquie a été condamnée pour violation de l'article 2 (droit à la vie), de l'article 3 (interdiction de la torture) et de l'article 13 (droit à un recours effectif) de la Convention européenne des droits de l'Homme.

Le gouvernement devra également verser 68.500 euros aux héritiers de la victime et 4.000 euros à son père, le requérant, pour dommages matériel et moral.

GUENTER VERHEUGEN PRESSE ANKARA DE REGLER LA QUESTION DE LA PEINE DE MORT ET DE L’EDUCATION EN KURDE


Le commissaire européen à l'Elargissement Guenter Verheugen a pressé, le 13 février, la Turquie d'accélérer les réformes démocratiques, relevant “ des problèmes ” sur la peine de mort et l'éducation en kurde. “ La Turquie a fait des progrès en 2001 (...) les réformes engagées constituent certainement une avancée, mais du point de vue purement européen il y a des problèmes et leur mise en œuvre est d'autant plus importante ”, a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec le chef de la diplomatie turque Ismail Cem.

Il se référait à une série de réformes adoptées par le Parlement turc visant à élargir la liberté de pensée et d'expression en Turquie pour la rapprocher des normes de l'Union européenne, perçue comme nettement insuffisantes en Turquie même. “ L'année 2002 sera une année importante, sinon cruciale ” pour les relations UE-Turquie, a estimé M. Verheugen, pressant le gouvernement d'aborder la question de l'abolition de la peine de mort et de l'éducation en kurde. La Turquie a aboli la peine capitale sauf en temps de guerre et pour crimes terroristes. Ses dirigeants sont catégoriquement opposés à une éducation en langue kurde préconisée par l'UE. Évoquant le rythme des réformes, M. Verheugen a souligné qu'un “ pays n'est certes pas un automobile de course mais on peut accélérer de 0 à 100 km/h en quelques secondes ”.

M. Cem a souligné qu'en dépit de certains “ problèmes ” et “ des hauts et des bas ”, les relations UE-Turquie étaient dans la bonne voie. Il a indiqué que l'objectif de la Turquie était de demander lors de la présidence danoise (à partir de juin 2002) l'établissement d'un calendrier pour l'ouverture de négociations d'adhésion en 2003. “ Il s'agit d'objectifs à notre portée ”, a-t-il dit. M. Verheugen a relevé que la Turquie devait impérativement respecter les critères politiques de Copenhague sur les droits de l'Homme et la démocratie pour ouvrir ces négociations. “ Le processus de calendrier dépend des progrès de la Turquie ”, a-t-il dit. M. Verheugen devait également rencontrer le Premier ministre Bulent Ecevit et les vice-Premiers ministres Mesut Yilmaz et Devlet Bahceli.

HUMOUR : LE PREMIER FORUM ENTRE OCI-UE LA DIVERSITÉ CULTURELLE SE TIENT À ISTANBUL !


La diplomatie européenne ne manque pas d’humour ni d’ailleurs d’hypocrisie. Alors que le premier forum ministériel entre l'Organisation de la Conférence Islamique et l’Union européenne (OCI-UE), les 12 et 13 février, à Istanbul, dégage un consensus de surface sur l'importance de la “ tolérance ”, de la “ compréhension mutuelle entre cultures ”, et insiste pour que “ la résurgence de préjugés profondément enracinés ” soit évitée, Ankara rejette tout dialogue avec la culture et la civilisation de ses 15 millions de citoyens kurdes, allant jusqu’à interdire des cours privés de kurde et la diffusion de chanson.

Le forum “ réaffirme sa ferme conviction que les cultures, dans leur diversité sont complémentaires et se renforcent mutuellement ”. Ismaïl Cem, ministre turc des affaires étrangères a également déclaré en clôture du forum que “ cette réunion constitue un message d'espoir ” et que la rencontre avait “ réalisé son objectif de rassembler les deux organisations, ce qui constitue un encouragement à la paix et à la stabilité ”. En attendant la fondation turque des droits de l’homme (THIV) a, le 13 février, révélé dans son rapport 2001 sur la situation des droits de l’homme en Turquie que les “ pressions sont en augmentation en 2001 ”. Yavus Onen, président du THIV, a déclaré : “ Un changement de philosophie est nécessaire. Le projet existant est de créer une société sans différences. Le système requiert une seule religion, une seule langue, une seule identité nationale. Il ne peut tolérer la variété culturelle. Des personnes d’origines différentes devraient pouvoir vivre dans un environnement démocratique ” Espérons que “ l’esprit d’Istanbul ” soufflera sur Ankara. Aucun ministre européen n’a jugé bon de relever le grotesque de la situation et d’inviter le gouvernement hôte à respecter déjà sur son sol la diversité des cultures et des langues.

LU DANS LA PRESSE TURQUE : LES AVEUX D’UN “ BON POLICIER ” : HEUREUX “ D’AVOIR TUÉ BEAUCOUP DE KURDES ”


Le quotidien turc Hurriyet a, le 10 février, publié l’interview d’Ayhan Çarkin, membre des forces spéciales turques (TIM), un des rares condamnés à l’emprisonnement dans l’affaire de Susurluk. “ Le condamné de Susurluk, membre des forces spéciales turques, Ayhan Çarkin, dévoile la plus grande erreur : l’Etat n’aurait pas dû nous faire descendre de la montagne ”, titre sans détours Hurriyet, indiquant ouvertement son orientation politique. D’ailleurs, l’éditorial de son rédacteur en chef, Ertugrul Ozkok, le lendemain, est un véritable plaidoyer en faveur d’A. Çarkin. “ Tous les pays ont recours à des personnes légitimes comme cela…Un pays jouissant d’une géographie si malchanceuse pourra avoir à nouveau besoin de ces hommes dans l’avenir ” écrivait E. Ozkok. Voici donc de larges extraits de l’interview d’Ayhan Çarkin :

“ Je ne suis pas un mercenaire, je suis un fonctionnaire de l’Etat…À l’Est, au Sud-est, dans les combats et les opérations… pour tout cela nous avons tiré. C’était ma mission…C’est ce pays qui m’a élevé. Je suis un produit de cet Etat…Ce que l’on a fait au sud-est, ce n’est pas des meurtres. Les conditions sont équilibrées. En face, nous avons des gens qui trahissent le pays…Bien sûr, nous aussi, nous avons formé notre propre mécanisme de défense. La République turque nous donné cette autorité. Mais nous n’avons pas réussi à expliquer cela…Il ne peut avoir de bande au sein de l’Etat, je ne le crois pas. La vraie bande de malfaiteurs se sont ceux qui ont mis cela dans un rapport…les hommes politiques…Grâce à ce rapport, toutes les organisations terroristes pourront demander l’asile aux pays européens… ”

“ Au nom d’une société intègre, il y a des gens qui veulent mettre leur boue sur nous. Je suis fière de toute les services que j’ai accomplis…Avant tout le monde, Mehmet Eymur [ndlr : ex-haut responsable de la police politique] aurait dû être également parmi les accusés. Il a dit qu’il connaissait Abdullah Çatli, qu’il savait qu’il était coupable et lorsqu’on lui a demandé s’il ne savait pas que c’était une infraction que de donner des missions à des gens incriminés, il a rétorqué que c’était un secret d’Etat qu’il ne pouvait pas répondre…Nous sommes des policiers de la République turque, des policiers de l’Etat…L’Etat est unique, les gouvernements sont nombreux…Que l’Histoire nous juge… ”

“ Je n’ai jamais refusé une mission. Cela n’a même pas traversé l’esprit…Je m’interroge souvent…Oui j’ai tué beaucoup de personnes. C’était ma mission, mon travail. Je n’ai pas hésité une seconde…Si j’étais mort que ce serait-il passé ? Aurais-je été acclamé comme héros au lieu de coupable aujourd’hui ?… Il y a des jours où je n’en pouvais plus. Je me sentais comme un mort… C’était des opérations tellement dures. Nous ne sommes pas descendus des montagnes pendant des mois… Je n’ai pas été un bon mari ni un bon père… Mais j’ai été un très bon policier ! l’Etat m’a décerné entre 300 et 350 distinctions. Et même à la porte de la prison ils m’ont remis un prix…Ce que nous avons vécu était au-delà de ce que vous pouvez vous imaginer dans les films… ”

“ C’est pendant les opérations que je me sens le mieux. Aujourd’hui encore je voudrais retourner sur les montagnes. Je suis une des dix personnes les plus présentes dans les opérations dans ce pays… Attendre de pitié de ma part ? Il n’y a rien qui me puisse me rendre plus heureux que de les tuer là-bas. Je les tuerai sans sourciller…Appelez-moi Rambo mais jamais mercenaire…Au Sud-est, j’ai ouvert l’œil et je me suis trouvé dans des combats. À Istanbul, c’était encore pareil : j’y ai participé à plus de 50 affrontements. J’ai été formé pour cela. Le travail que je sais le mieux faire ce sont les opérations… Mais sans ordre supérieur vous ne pouvez rien faire. Finalement, même en étant membre des forces spéciales, tu es fonctionnaire n°657 de l’Etat. Mon directeur était Huseyin Kocadag à Diyarbakir…Ibrahim Sahin était mon chef de bureau, je recevais les ordres de lui… Nous sommes le dernier maillon de la chaîne. La chose qui me désole le plus c’est que je sois condamné par une Cour de sûreté de l’Etat ” [ndlr : La nouvelle réforme du code pénal turc entreprise par le gouvernement donne compétence au Tribunal correctionnel en matière de banditisme et non plus aux Cours de sûreté de l’Etat. Cette disposition s’était pourtant opposée au veto présidentiel en première lecture]

“ Qui devrais-je dénoncer ? Devrais-je dire Mehmet Agar. Il jouit d’une immunité parlementaire, il sera lui aussi jugé, lorsqu’il n’en bénéficiera plus.… ”

TENSION DIPLOMATIQUE ENTRE L’UE ET LA TURQUIE


Le parti des travailleurs turcs (IP) par la voie de son président, Dogu Perinçek, a dévoilé, au cours de plusieurs conférences de presse le 13 février, le contenu des courriers électroniques de Karen Fogg, représentante de l’Union européenne en Turquie. En indiquant qu’il avait 300 courriers de Mme Fogg en main, D. Perinçek a accusé la représentante de l’UE d’ “ espionnage ” et demandé qu’elle soit déclarée persona non grata en Turquie. Karen Fogg a, quant à elle, saisi le ministère turc des affaires étrangères sur la question, qui semble bien ennuyé de donner des explications.