Ces attaques ont coïncidé avec la troisième visite à Bagdad depuis l'occupation de l'Irak du secrétaire adjoint américain à la Défense Paul Wolfowitz.
A Erbil, fief du Parti démocratique du Kurdistan (PDK, de Massoud Barzani),
deux kamikazes lestés d'explosifs ont fait exploser les charges qu'ils portaient sur eux dans les locaux du PDK et de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK, de Jalal Talabani), où les visiteurs défilaient pour présenter leurs voeux, selon des témoins.
"56 personnes ont été tuées et environ 200 blessées", a déclaré le général américain Mark Kimmitt, directeur adjoint des opérations de la coalition en Irak.
Un porte-parole de la coalition, s'exprimant au nom de l'administrateur américain en Irak Paul Bremer, a fait part de "l'indignation" de celui-ci. "Nous trouverons, capturerons et traduirons en justice les responsables de ces attaques et ceux qui les ont aidés", a déclaré Dan Senor.
Interrogé sur les responsables de ce double attentat, le général Kimmitt a répondu : "Cela pourrait être (le groupe islamiste kurde irakien) Ansar Al-Islam, cela pourrait être Al-Qaïda, ou n'importe quel groupe de terroristes étrangers opérant ou tentant d'opérer en Irak".
Un porte-parole de l'UPK a accusé "les partis extrémistes, terroristes, islamistes d'être derrière cette tragédie".
M. Talabani avait affirmé mercredi qu'"Al-Qaïda, Ansar Al-Islam et d'autres combattants venus de l'étranger" étaient les auteurs des attentats en Irak.
De nombreux responsables kurdes figurent parmi les tués, dont le gouverneur de la province Akram Mantak, le numéro trois du PDK Sami Abdel Rahmane et un membre de la direction de l'UPK, Shahwan Abbas.
Le représentant en France du PDK, Saywan Barzani, a annoncé la mort du ministre Shawkat Sheikh Yezdin et du vice-gouverneur Mahdi Khochnaw (bien Khochnaw).
Le 24 décembre 2003, un kamikaze avait tué trois Irakiens et en avait blessé 15 autres à Erbil (350 km au nord de Bagdad) en faisant sauter son véhicule piégé devant le ministère de l'Intérieur local.
Le 29 août 2003, un attentat à la voiture piégée à Najaf (centre) avait fait plus de 80 morts.
Dans le sud du pays, au moins cinq personnes ont été tuées par une explosion dans un dépôt de munitions dans la nuit de samedi à dimanche, a-t-on appris auprès de la coalition.
A Balad (75 km au nord de Bagdad), un soldat américain a été tué et 12 autres ont été blessés dimanche dans une attaque à la roquette contre une base américaine, selon un porte-parole militaire américain. Les forces américaines ont arrêté douze hommes et quatre femmes après l'attaque, selon la même source.
A Kirkouk (nord), où les forces de sécurité s'étaient déployées en force à l'occasion de l'Aïd Al-Adha, quatre policiers irakiens ont été blessés par une grenade, selon la police.
Trois Irakiens ont été tués, 35 capturés et de nombreuses armes saisies au cours d'une opération américaine de trois jours à Baïji, à 200 km au nord de Bagdad, qui s'est terminée dimanche, a indiqué une porte-parole militaire.
Le numéro deux du Pentagone, M. Wolfowitz, l'un des architectes de l'invasion de l'Irak, était à Bagdad pour une visite impromptue.
Avant son arrivée, M. Wolfowitz a affirmé que la menace était omniprésente, puisque "Saddam n'a pas tué un million de personnes tout seul. Certains de ces gens (qui l'ont aidé) sont toujours dans les parages".
Sur le plan politique, le Conseil de gouvernement transitoire doit entamer sous la présidence de Mohsen Abdel Hamid, un islamiste sunnite, l'examen de la loi fondamentale qui régira le pays durant la période intérimaire, de juin 2004 à décembre 2005.