mis à jour le Jeudi 8 janvier 2026 à 18h40
Depuis plusieurs jours, des milices islamistes portant désormais l'uniforme de l'armée syrienne encerclent et bombardent les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et d'Achrafieh de la banlieue d'Alep.
Il s'agit des brigades 62, dite Suleiman Chah-Emshat, 72 dite brigade Sultan Mourad, 76 dite Hemzat et 86 dite Noureddine Zangi, affiliées auparavant à l'« armée syrienne libre », équipées et stipendiées par les forces d'occupation turque pour lesquelles elles ont servi de supplétifs. Ces brigades ont semé la terreur et pratiqué le nettoyage ethnique dans les territoires kurdes sous occupation turque : Afrin, Serê Kaniyê (Ras al-Ayn) et Girê Spî (Tell Abyad). À Serê Kaniyê, où les Kurdes représentaient 85 % de la population, ils ne sont plus qu'à peine 1 %. Dans une déclaration aux médias, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdurrahman, confirme que « les forces qui attaquaient auparavant les Kurdes à Afrine sont aujourd'hui à l'offensive contre les Kurdes d'Alep ».
Les deux quartiers kurdes agressés sous les bombes sont peuplés d'environ 400.000 Kurdes qui, pour la plupart, sont des déplacés ayant fui la terreur des milices islamistes dans les territoires kurdes syriens sous occupation turque.
Ces milices qui bombardent les quartiers kurdes sont équipées d'armes lourdes, d'une soixantaine de chars et de drones d'attaque fournis par la Turquie, laquelle a également déclaré officiellement être « prête à soutenir l'armée syrienne ». Le scénario de massacres sanglants de civils kurdes se précise de jour en jour malgré la résistance courageuse des forces d'auto-défense kurdes sur place. Après le massacre des Alaouites en mars et ceux des Druzes en juillet, c'est à présent le tour des Kurdes. Les chancelleries occidentales, qui ont des yeux de Chimène pour le djihadiste « converti » en dirigeant pragmatique, al-Chara qui remplace la dictature des al-Assad par une dictature islamiste, promu par le tandem Turquie-Qatar, restent silencieuses face à la tragédie qui s'annonce, hormis quelques vagues appels « au dialogue et à la modération ».
Le fait que ces bombardements interviennent au lendemain de l'entretien téléphonique Erdogan-Trump du 5 janvier laisse supposer qu'Ankara a eu le feu, sinon vert, de Washington pour cette opération anti-kurde.
Et aux Kurdes de se demander : mais où sont passés nos alliés « frères d'armes » pour lesquels nous avons consenti tant de sacrifices au nom des valeurs communes dans la guerre contre Daech ?
Manifestation kurde à Diyarbekir

Manifestation kurde à Alep :
« Ils attaques nos hôpitaux aux cris d’Allahou Akbar » et « Où est donc la communauté internationale ? »

La fuite des civils

