Marseille : solidarité autour d’un kurde expulsé et de sa famille


lundi 21 janvier 2008

Mardi dernier, le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande d’annulation de l’ordonnance d’expulsion prise par le préfet à l’encontre de Imdat Dumlu, d’origine kurde. Me Grugnardi, l’avocat de la famille de quatre enfants, dont deux nés en France, a entamé une action auprès de la Cour d’appel du tribunal administratif, procédure qui n’est pas suspensive. Imdat Dumlu, qui ne va plus travailler, se cache actuellement.


Sylvain Gautier, directeur de l'école Bernard-Cadenat.
© SERGE ASSIER

Un des critères devant permettre la régularisation, selon les circulaires datées du 13 et 14 juin 2006, est "l’absence de liens avec le pays d’origine." "Le passeur a refusé d’emmener un enfant alors en bas âge, qui est gardé par les grands parents en Turquie. Il n’est pas abandonné, les parents ont toujours manifesté l’intention de le faire venir", explique me Grugnardi. Pour le tribunal, cet élément semble avoir été important, l’extrait de jugement, demandé au greffe, ainsi que le mémoire déposé par le préfet ne nous sont pas encore parvenus.

Le collectif de soutien demande que le dossier soit réexaminé. "M.Dumlu réside sur le territoire français depuis 7 ans, il avait fait une demande d’asile politique qui a été rejetée par la France en 2001. Membre d’une organisation militante pour le Kurdistan, il a été condamné par contumace (en Turquie en 2004). S'il est expulsé, il risque une peine de 7 ans de prison pour avoir sollicité un asile politique."

Sa fille Sibel est scolarisée en CM2 dans l’école Bernard Cadenat depuis la classe de CP, en 2004. "Depuis, cette élève n’a quasiment jamais été absente, tout comme son frère Umit (actuellement scolarisé en collège). Elle a toujours eu des résultats scolaires excellents. Elle est à présent en CM2, elle a obtenu les meilleurs résultats de la circonscription aux évaluations nationales de début d’année (105 exercices réussis sur 107)."

Le directeur de l’établissement, Sylvain Gautier, a signé, avec des membres de son équipe pédagogique, plusieurs lettres demandant un réexamen. "Je ne fais pas partie du Réseau Education Sans Frontière (RESF), ni du Collectif des sans papier, je ne m’engage pas pour que toutes les familles vivant dans la clandestinité soient régularisées. Nous espérons seulement que la famille Dumlu le sera, parce qu’elle est exemplaire et bien intégrée dans le quartier. Et que nous sommes inquiets du devenir des deux enfants scolarisés si le papa est expulsé."

Laure Rovera, représentante de la Fcpe de l’établissement, insiste "sur l’implication des parents dans la scolarité de leurs enfants." Selon le directeur de l’école, « la mobilisation du quartier ne fait aucun doute. Nous avions déposé un préavis de grève pour mardi, jour de l’audience au Tribunal administratif. Mais nous étions présents, l’école était ouverte, l’idée était de mesurer la mobilisation des parents autour de la famille Dumlu. Seulement 50 élèves (sur 350) sont venus en classe, parce que les parents ne pouvaient faire autrement ». Cet après-midi, à 17 heures, un goûter solidaire est organisé sur la place Cadenat.