Le PKK confirme l'incursion turque


2 décembre 2007

L'Agence France Presse rapporte dimanche que les rebelles séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont confirmé que la Turquie avait mené, la veille, une opération militaire dans le nord de l'Irak.

Photo: AFP/MUSTAFA OZER
Un rebelle du PKK (archives)

Un responsable du PKK, cité sous le couvert de l'anonymat, a toutefois précisé que l'attaque n'avait fait aucune victime dans le camp rebelle, contrairement à ce qu'a déclaré l'état-major turc.

Après plusieurs menaces, l'armée turque a annoncé samedi avoir mené une opération contre les rebelles kurdes dans le nord de l'Irak. Jusqu'à maintenant, les Turcs avaient arrêté leurs opérations à la frontière entre les deux pays.

L'affrontement serait survenu au sud-est de Cukurca, une localité située tout juste à la frontière turco-irakienne. Au cours des dernières semaines, quelque 100 000 soldats ont été déployés à cette frontière.

Dans un message sur son site Internet, l'état-major turc affirmait avoir infligé de lourdes pertes à un groupe d'une cinquantaine de rebelles du PKK. Elle aurait utilisé son artillerie et des hélicoptères de combat, et n'exclurait pas une attaque terrestre.

L'incursion n'a toujours pas été confirmée ni même commentée par les autorités irakiennes à Bagdad. Un porte-parole des forces de sécurité Peshmerga de la région autonome du Kurdistan a répété dimanche qu'il n'y avait eu aucune offensive en territoire irakien. Il a qualifié les affirmations de la Turquie de fantaisistes. L'armée américaine continue d'affirmer qu'elle n'a pas été informée d'une incursion turque en territoire irakien.

Des demandes du PKK

Dans un communiqué publié plus tôt dimanche, où il ne faisait aucune mention de l'affrontement à la frontière, le PKK indiquait qu'il pourrait déposer les armes si la Turquie répondait à ses demandes.

Le PKK a demandé que la Turquie reconnaisse les droits du peuple kurde dans sa Constitution, qu'elle fasse de la langue kurde la seconde langue officielle du pays et qu'elle libère les membres du PKK détenus en Turquie.

Autorisation d'Ankara

Au cours des derniers jours, le premier ministre de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé l'autorisation d'une opération contre le PKK de l'autre côté de la frontière. Ankara avait adopté une résolution, le 17 octobre dernier, pour permettre ce type d'intervention transfrontalière si nécessaire.

Les autorités du Kurdistan irakien avaient promis de prendre des mesures pour restreindre les mouvements et l'approvisionnement des rebelles du PKK. Le 5 novembre dernier, le premier ministre Erdogan avait rencontré le président américain George W. Bush à la Maison-Blanche. Les deux dirigeants se sont engagés à échanger davantage d'informations sur le PKK.

La Turquie affirme que les rebelles du PKK utilisent le nord de l'Irak comme base arrière pour des opérations dans le sud-est de la Turquie.