La communauté yézidie, persécutée pour ses croyances pré-islamiques


Publié le 16 août 2007

Estimée à 500 000 personnes, la communauté yézidie, frappée par les attentats d'avant-hier, est une minorité religieuse de langue kurde, installée dans le nord de l'Irak, qui considère le Diable comme le chef des anges. D'où leur surnom d'« adorateurs du diable », bien qu'il soit interdit de prononcer le mot « diable ». Une interdiction à l'origine d'une récente polémique au Parlement irakien, lorsqu'un député yézidi exprima son mécontentement envers ses collègues, qui utilisent régulièrement l'expression « Que Dieu nous préserve du Diable ! »
 
Une insulte pour les Yézidis, dont les croyances mêlent soufisme islamique, chiisme et paganisme iranien, ce qui leur valut d'être persécutés pendant des siècles. Le droit à pratiquer leur culte est désormais reconnu dans la Constitution. Mais les voix des milliers de Yézidis, installés autour de Mossoul, sont convoitées par les Kurdes, dans la perspective d'un important référendum prévu en fin d'année.
 
Bien que vivant repliés sur eux-mêmes - les mariages hors communauté sont interdits - les relations entre les Yézidis et leurs voisins sunnites se sont gravement détériorées, ces derniers mois. La minorité est prise en tenaille entre des radicaux sunnites, qui veulent les déloger de leur terre, et les ambitions du « gouvernement » kurde, qui veut s'approprier leur vote.