mis à jour le Mercredi 16 septembre 2026 à 16h47
Rfi.fr
Les magasins devraient rester fermés mercredi 16 septembre dans la région du Kurdistan iranien, tout comme dans d'autres régions, suite à l'appel à la grève national de l'Alliance des partis kurdes d'Iran. Une manière de protester pacifiquement contre la répression du régime iranien à l'occasion des quatre ans de la mort de Mahsa Amini, cette jeune kurde iranienne décédée à Téhéran des suites de son arrestation pour port incorrect du voile islamique. Il y a quatre ans débutait le mouvement « Femme, vie, liberté ». Aujourd'hui, après des vagues de protestations et de répression sanglante, la mobilisation continue.
Malgré les massacres commis par le régime lors du dernier grand mouvement de manifestation en janvier dernier, des manifestations continuent dans tout le pays, affirme la militante politique kurde iranienne, Sibel Khobayi. « Au Kurdistan iranien et plus largement en Iran, il y a des manifestations d'enseignants, de chauffeurs de taxi, d'élèves, d'étudiants de manière quotidienne. Les autorités méprisent le peuple et ne paient pas les salaires des fonctionnaires », explique-t-elle.
En ce qui concerne l'appel à la grève de ce mercredi, elle pourrait se rassembler ça et là en manifestations. En prévision, le régime a d'ores et déjà resserré son contrôle, affirme Hawyar Shekhi de l'ONG Hengaw. « Les vagues d'arrestations ont déjà commencé au Kurdistan iranien. Nous avons reçu des rapports sur des dizaines d'arrestations. Nous nous attendons à une importante présence de forces de sécurité comme chaque année ainsi qu'à des pressions sur la famille de Mahsa Amini pour l'empêcher de se recueillir. Si la grève est effectivement respectée aujourd'hui, la répression sur la population pourrait encore augmenter », note-t-elle.
Les autorités ont en effet annoncé une répression d'une grande sévérité contre ceux qui répondraient à ce qu'ils définissent comme l'ennemi. Parallèlement ces dernières semaines et comme depuis le début de l'agression israélo-américaine, le régime continue de bombarder les positions des partis politiques kurdes iraniens exilés au Kurdistan irakien.
