Irak : attente des résultats des élections sur fond de violences persistantes

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09.02.05 | 13h20 • MIS A JOUR LE 09.02.05 | 16h49

Alors que les violences continuent de faire de nombreux morts dans tout le pays, les Irakiens attendent avec impatience l'annonce des résultats des élections du 30 janvier, qui a été reportée pour un recomptage de 300 urnes.Attente des résultats. L'annonce des résultats des élections générales en Irak, prévue le 10 février, a été reportée pour permettre un recompte de 300 urnes, a indiqué mercredi 9 février la Commission électorale. "Afin de donner un chiffre exact de tous les votes, la Commission électorale va dépouiller à nouveau quelque 300 urnes car elle a découvert des incohérences dans les données", a indiqué un communiqué de la Commission. "Ce nouveau décompte commencera le jeudi à 9 heures (7 heures à Paris) et se poursuivra 24 heures sur 24 jusqu'à ce qu'il soit terminé", ajoute le texte.


"Cette mesure retardera cependant l'annonce des résultats définitifs", selon lui. Auparavant, un responsable de la Commission Farid Ayar avait déclaré que "la vérification (des votes) se poursuit et le résultat sera connu durant les prochains jours, sans doute après le 10 février". M. Ayar avait dit, lors d'une conférence de presse samedi, s'attendre à la publication des résultats définitifs avant jeudi. Selon les résultats partiels annoncés par la Commission électorale, la liste parrainée par le grand ayatollah Ali Sistani arrive en tête, suivie de celle de l'alliance des partis kurdes. Des millions d'Irakiens ont voté le 30 janvier pour élire les 275 membres de l'Assemblée nationale et ceux de 18 conseils de province. Les Kurdes, dans le nord, ont en plus désigné les 111 membres du Parlement de leur région autonome du Kurdistan.

Allaoui multiplie les contacts politiques. Le premier ministre, Iyad Allaoui, a rencontré mercredi des chefs de partis sunnites et chiites, dans le cadre du dialogue qu'il a lancé après les élections pour impliquer toutes les communautés dans le
processus politique. "Le dialogue se poursuit avec les différentes forces politiques qui ont participé ou pas au scrutin (du 30 janvier) pour unifier nos rangs", a déclaré M. Allaoui à la presse à l'issue de la réunion. "Il y a de vieilles relations entre ces forces, qui vont se poursuivre et prendre une forme plus légale et mieux organisée", a-t-il ajouté. La liste de M. Allaoui aux élections n'arrive qu'en troisième position après le dépouillement partiel des votes.

Assassinats et enlèvements à Ramadi. Les corps de cinq soldats irakiens assassinés ont été trouvés mercredi 9 février près de la ville rebelle de Ramadi, à 100 km à l'ouest de Bagdad, alors que onze Irakiens, dont un policier et huit soldats, ont été enlevés en 24 heures par des hommes armés dans la ville, selon la police. "Nous avons trouvé les corps de cinq soldats irakiens à Soufiya, à l'est de la ville, et sur leurs corps se trouvaient des papiers où était écrit : Ce sont des gardes nationaux et tel sera le sort de ceux qui travaillent avec (le premier ministre) Iyad Allaoui", a affirmé un commandant de police. Mercredi, tour à tour, des hommes armés ont pénétré dans leurs bureaux et enlevé le directeur des équipements agricoles de la ville, Mounzer Najris Al-Ithaoui, et le directeur des services financiers à la municipalité de Ramadi, a affirmé un lieutenant-colonel, sous couvert de l'anonymat. La veille, selon un lieutenant de police, des inconnus ont kidnappé un officier de police dans le centre de la ville alors qu'il rentrait chez lui. Le même jour, huit soldats, ont également été enlevés alors qu'ils circulaient à bord d'un minibus dans la ville, selon un capitaine de police.

L'explosion d'une bombe artisanale à Samarra tue quatre policiers irakiens. Quatre policiers irakiens ont été tués et deux autres blessés par l'explosion d'une bombe artisanale mercredi matin au passage de leur patrouille à Samarra, au nord de Bagdad, selon la police. L'attaque a eu lieu dans le centre de la ville, située à 120 km au nord de la capitale.

Deux soldats américains tués. Un soldat américain a été tué, dans la ville septentrionale de Mossoul, a indiqué mercredi l'armée américaine. "Un soldat de la Task Force Freedom a été tué lorsque sa patrouille a été la cible de tirs d'armes légères à Mossoul le 6 février", affirme le communiqué, sans donner plus de détails. Mossoul, à 370 km au nord de Bagdad, est considérée comme un bastion de la guérilla sunnite. L'armée américaine a également annoncé mercredi dans un communiqué qu'un autre de ses soldats avait été tué la veille au nord de Bagdad. Selon les chiffres du Pentagone, ces nouveaux décès portent à 1 446 le nombre de soldats américains morts en Irak depuis le début de la guerre en mars 2003.

Attaque contre un convoi de camions travaillant pour les forces américaines. Un camionneur croate a été tué lors d'une attaque perpétrée aux environs de Tikrit (nord de l'Irak) contre un convoi de camions circulant pour le compte des forces américaines en Irak, a indiqué mardi le ministère des affaires étrangères croate. Le camionneur croate, dont l'identité n'a pas été communiquée, a été tué par un tir de roquette, a-t-on précisé. Un autre camionneur croate, Dalibor Burazovic, a été tué au mois d'octobre en Irak lors d'une attaque contre son convoi près de Mossoul. La Croatie n'a pas de militaires au sein de la force internationale menée par les Etats-Unis en Irak.

Un gazoduc attaqué à la roquette dans le nord de l'Irak. Un gazoduc, reliant la ville pétrolière de Kirkouk aux raffineries de Baïji, dans le nord de l'Irak, a été visé, mercredi 9 février, par une attaque à la roquette, a-t-on appris auprès de la Compagnie de pétrole du nord (NOC). "Une roquette a atteint le gazoduc, situé près d'Al-Fatha, à 90 km à l'ouest de Kirkouk", a déclaré un responsable de la NOC sous le couvert de l'anonymat. Selon le ministre du pétrole, Thamer Abbas Ghadbane, les attaques contre les infrastructures pétrolières ont fait perdre à l'Irak l'équivalent de 7 à 8 milliards de dollars en exportations, depuis l'invasion du pays par les troupes américaines en mars 2003.

Giuliana Sgrena se porterait bien, selon "Il Manifesto". La journaliste italienne Giuliana Sgrena, enlevée vendredi dernier à Bagdad, "a été vue et se porte bien", affirme mercredi le quotidien Il Manifesto, dont elle est l'envoyée spéciale en Irak.
"Une personne a pu voir Giuliana par deux fois, d'abord lundi, puis mardi matin, et a indiqué qu'elle se porte bien", écrit le journal indépendant de gauche sous la plume d'Alessandro Mantovani, sans plus de précision sur la nature de ce contact non identifié. Des revendications contradictoires sont apparues sur des sites Internet islamistes depuis l'enlèvement de Giuliana Sgrena, 56 ans. L'avant-dernière en date annoncait une libération prochaine. La dernière, mardi, qui émanait d'un groupe se baptisant Les Brigades des moudjahidins en Irak, annonçait l'exécution de la journaliste. Elle a été jugée "peu fiable" par Il Manifesto.

La France au travail pour libérer Florence Aubenas. Les autorités françaises font tout ce qu'elles peuvent pour obtenir la libération de la journaliste du quotidien français Libération Florence Aubenas, et son guide, Hussein Hanoun Al-Saadi, a déclaré mardi soir le ministre des affaires étrangères français, Michel Barnier.
"Depuis la première minute, nous nous sommes mis au travail. (...) Nous faisons tout ce que nous pouvons faire" pour obtenir leur libération, a-t-il indiqué dans un entretien sur la chaîne de télévision France 3.
M. Barnier a réaffirmé que "les circonstances, les raisons de ces disparitions ne sont pas les mêmes" que celles des disparitions des deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot.
"La discrétion [sur ce que Paris fait pour leur libération], a poursuivi M. Barnier, est une condition pour leur sécurité."
Florence Aubenas et son guide ont disparu le 5 janvier à Bagdad.

Avec AFP et Reuters