Deuxième jour en Irak pour Kouchner, entretien prévu avec le président Talabani


Lundi 20 août 2007

BAGDAD (AFP) - Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner doit s'entretenir lundi à Bagdad avec le président Jalal Talabani, selon une source diplomatique, au deuxième jour d'une visite en Irak.

M. Kouchner, plus haut responsable français à venir en Irak depuis l'invasion américaine de mars 2003, doit également rencontrer les deux vice-présidents irakiens, Tarek al-Hachémi et Adel Abdel Mahdi. Il aura un entretien avec le président de la région autonome kurde, Massoud Barzani, a ajouté cette même source.


Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner doit s'entretenir lundi à Bagdad avec le président Jalal Talabani, selon une source diplomatique, au deuxième jour d'une visite en Irak. Photo:Ahmad al-Rubaye/AFP

M. Kouchner avait souligné la veille devant la presse qu'il était venu en Irak pour écouter les protagonistes de la crise, et qu'il considérait qu'il appartenait aux Irakiens eux-mêmes de forger une solution pour en sortir.

"C'est un problème irakien et il doit être réglé par les Irakiens", a déclaré M. Kouchner, au premier jour d'une visite en Irak. Il est le plus haut responsable français à venir dans ce pays depuis l'invasion américaine de mars 2003.

"Mais ne soyez pas pressés", a ajouté le ministre, soulignant qu'il fallait "donner du temps au temps". "C'est juste le début, j'espère, de la fin de la crise", a-t-il assuré devant la presse.

Auparavant, M. Kouchner, accompagné de son homologue irakien Hoshyar Zebari, était allé déposer une gerbe devant un monument commémorant la mort du représentant de l'ONU en Irak, Sergio Vieira de Mello, et de 21 autres personnes, tués dans un attentat à Bagdad, le 19 août 2003.

La cérémonie s'est déroulée devant le siège de l'ONU, au coeur de la "zone verte", le secteur étroitement protégé de Bagdad qui abrite les responsables militaires et diplomatiques américains, et les institutions irakiennes.

Après l'attentat de 2003, l'ONU avait réduit sa présence en Irak, mais le Conseil de sécurité a récemment décidé de renforcer le mandat de la Mission d'assistance de l'ONU en Irak (Manui).

Interrogé par l'AFP sur l'accroissement du rôle de l'ONU en Irak, M. Kouchner a répondu: "Je l'espère, cela dépend beaucoup des Irakiens, beaucoup plus que de nous. Si cela ne tenait qu'à la France, l'ONU aurait un rôle important en Irak".

Devant la presse, le ministre français, qui a entamé à Bagdad une visite de trois jours, a insisté sur le souhait de Paris de jouer un rôle: "Nous sommes disposés à être utiles. Mais la solution est entre les mains des Irakiens, pas entre les mains des Français. Prêts, oui, mais avec les peuple irakien".

"Le peuple irakien a besoin de souveraineté, de l'intégrité de son territoire, et de démocratie pour, "inch'allah", arrêter la violence", a encore déclaré le ministre.

"Ce que je pense et ce que M. Sarkozy (le président français Nicolas Sarkozy) pense c'est qu'il n'y a pas de solution militaire, et c'est une position constante de notre pays", a ajouté M. Kouchner.

Cette visite surprise a été saluée par les Etats-Unis, et marque un changement d'attitude de la France sur le dossier irakien, qui a été la source de vives tensions entre Paris et Washington. Paris s'était gardé de toute initiative depuis l'invasion américaine, alors que Washington cherchait à garder la haute main sur l'évolution politique de l'Irak.