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Washington à Ankara: une incursion en Irak n'est "pas la solution"


Mardi 9 octobre 2007 à 17h56

WASHINGTON, 9 oct 2007 (AFP) — Une incursion turque en Irak à la poursuite des séparatistes kurdes ne serait "pas la solution" pour résoudre le problème du terrorisme, ont estimé mardi les Etats-Unis en réponse à la décision du gouvernement turc d'autoriser une telle opération "si nécessaire".

"Je ne suis pas sûr que les incursions unilatérales soient la solution pour résoudre ce problème", a déclaré à la presse le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.

"Cela fait des mois et des mois que nous disons (à la Turquie) qu'il est important de coopérer pour résoudre ce problème", a-t-il ajouté.

Pour sa part, la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino a jugé "prématuré" de parler d'un soutien américain à des incursions turques dans le nord de l'Irak.

Elle a affirmé la "détermination" des Etats-Unis à coopérer avec la Turquie "pour faire face au problème du terrorisme, au PKK dans le nord de l'Irak".

Le gouvernement turc a décidé mardi de prendre de nouvelles mesures contre les séparatistes kurdes, dont le lancement "si nécessaire" d'une opération transfrontalière en Irak pour neutraliser les camps du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui ont tué 15 soldats turcs ces derniers jours dans le sud-est de la Turquie.

M. McCormack avait condamné lundi dans un communiqué les deux récentes attaques menées par le PKK. "La violence du PKK ne menace pas seulement la Turquie, mais sape aussi la sécurité et le bien-être de l'Irak", précisait-il.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne, a lancé en 1984 une lutte armée indépendantiste. Les combats entre forces turques et séparatistes kurdes ont fait plus de 37.000 morts depuis.

Le PKK a accru depuis le début de l'année ses attaques et la Turquie menace régulièrement de lancer une opération transfrontalière en Irak pour poursuivre les rebelles séparatistes.

Ankara estime que des milliers de rebelles du PKK, tolérés ou soutenus par les Kurdes d'Irak, alliés des Américains, utilisent le nord de ce pays comme base arrière pour lancer des opérations dans le sud-est de la Turquie.

Ankara et Bagdad ont récemment signé un accord pour contrer le PKK, mais il ne permet pas aux troupes turques de poursuivre les rebelles en fuite en territoire irakien, comme ce fut le cas dans les années 1990.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.