
Jeudi 16 octobre 2014 à 16h18
Paris, 16 oct 2014 (AFP) — Le Premier ministre français Manuel Valls a déclaré jeudi que les négociations engagées entre la Turquie et l'Union européenne "doivent se poursuivre", malgré l'attitude de ce pays face aux combats entre les Kurdes et le groupe État islamique qui se déroulent à sa frontière.
"Nous ne devons pas envoyer un message d'isolement mais un message de responsabilité, mais un message de rassemblement à la Turquie, qui fait face à une menace qui concerne toute l'Europe", a développé au Sénat M. Valls, en réponse à une question du président du groupe UMP au Sénat, Bruno Retailleau.
Le processus de négociations "n'est pas lié à la situation en Syrie et en Irak, c'est un processus de long terme qui répond à l'intérêt commun de l'Union européenne et de la Turquie", a affirmé le chef du gouvernement.
Depuis un mois, des combattants kurdes font difficilement face aux jihadistes du groupe État islamique à Kobané (Aïn al-Arab en arabe), ville située à la frontière entre la Syrie et la Turquie, malgré les frappes de la coalition internationale initiée par les États-Unis, et à laquelle la France participe.
Le sort de Kobané a ému la communauté internationale et la ville est devenue le symbole de la lutte contre l'EI. La Turquie refuse de laisser passer à travers sa frontière des Kurdes volontaires pour aller grossir les rangs de la résistance et défendre la troisième ville kurde de Syrie.
"La Turquie a proposé l'établissement d'une zone de sécurité, et nous y sommes favorables. Et nous appelons la Turquie à assumer ses responsabilités, et à ne pas détourner le regard du drame qui se joue à ses portes, à tout faire pour la protection des populations de Kobané notamment en autorisant l'accès à ses frontières", a rappelé M. Valls.
Le sénateur Jean-Pierre Vial (UMP) a demandé jeudi à la France d'apporter à la population de Kobané l'aide humanitaire et les armes nécessaires à la défense de cette ville de Syrie, soumise à une offensive jihadiste.
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a par ailleurs rejeté mercredi l'appel de la France à ouvrir plus largement le passage à la frontière syrienne, insistant sur le fait que seuls les Syriens étaient autorisés à "repartir pour rejoindre la lutte" pour Kobané.
Ankara interdit aux rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de rejoindre Kobané, provoquant la colère des Kurdes de Turquie.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.