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Un parti turc prokurde appelle à la "levée du siège de Kobané"


Samedi 24 janvier 2026 à 18h39

Istanbul, 24 jan 2026 (AFP) — Le parti turc prokurde DEM a appelé samedi à la "levée immédiate du siège de Kobané", craignant une "tragédie humanitaire" dans cette localité à la frontière des deux pays, submergée par les déplacés fuyant la progression de l'armée syrienne.

La situation à Kobané s'est aggravée, passant d'une crise à une "catastrophe mortelle", dénonce le DEM, troisième force au Parlement turc, qui a dépêché une délégation dans le nord-est de la Syrie, théâtre d'une offensive majeure de l'armée syrienne la semaine dernière.

Le nouveau pouvoir syrien dirigé par Ahmed al-Chareh, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays, a repris par la force les territoires administrés par les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l'administration autonome kurde

La communauté kurde de Turquie a organisé plusieurs manifestations contre cette offensive menée avec le soutien d'Ankara.

A Istanbul, des échauffourées ont éclaté samedi après-midi lorsque la police antiémeute a tenté d'empêcher environ 300 personnes de manifester, tirant des balles antiémeutes et utilisant du gaz poivré pour les disperser, a constaté un correspondant de l'AFP.

Un député du DEM a été blessé et transporté à l'hôpital, ont indiqué les médias locaux. La police a procédé à des arrestations mais leur nombre n'a pas été précisé.

La poche de Kobané (Ain al-Arab, en arabe), à la frontière turque, est enclavée dans des zones tenues par l'armée syrienne et séparée territorialement du reste des territoires autonomes kurdes dans le nord-est de la Syrie.

"Le siège, à la fois militaire et humanitaire, de Kobané doit être levé dès que possible", a déclaré la coprésidente du DEM, Tulay Hatimogullari, lors d'une conférence de presse.

Depuis que les forces kurdes ont été forcées à se retirer de ses environs, les habitants des villages environnants ont afflué à Kobané où ils sont désormais bloqués, a encore dit Mme Hatimogullari.

"Quand nous y sommes allés, la neige nous arrivait aux genoux... l'électricité est coupée, internet est coupé, l'eau est coupée. C'est une tragédie humanitaire immense", a-t-elle ajouté.

Selon le DEM, qui fait état d'une pénurie alimentaire et de médicaments, quatre enfants y sont morts de froid samedi.

"Les pays garants... doivent de toute urgence assumer leurs responsabilités pour faire lever le siège sur le nord et l'est de la Syrie", a encore appelé la coprésidente du DEM, faisant référence aux États-Unis et alliés occidentaux qui ont soutenu pendant des années les FDS.

Le nouveau pouvoir islamiste syrien a proclamé le 20 janvier un cessez-le-feu avec les FDS, qui est globalement respecté, mais les deux parties s'accusent de violations, notamment autour de Kobané. Elles ont accepté samedi sa prolongation, selon des sources de chaque camp à l'AFP.

Kobané est une ville-symbole: elle a constitué la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes du groupe l'État islamique (EI) en Syrie, après des mois de combats de rue acharnés, en 2015, qui ont détruit une grande partie de la ville.

La Turquie considère les FDS comme liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et une menace majeure le long de sa frontière sud.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé samedi que "lorsque cette organisation terroriste séparatiste sera définitivement éliminée dans le nord de la Syrie, toute la région en bénéficiera".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.