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Un parti turc prokurde appelle à la "levée du siège de Kobané"


Samedi 24 janvier 2026 à 16h17

Istanbul, 24 jan 2026 (AFP) — Le parti turc prokurde DEM a appelé samedi à la "levée immédiate du siège de Kobané", craignant une "tragédie humanitaire" dans cette localité à la frontière des deux pays, submergée par les déplacés fuyant la progression de l'armée syrienne.

La situation à Kobané s'est aggravée, passant d'une crise à une "catastrophe mortelle", dénonce le DEM qui a dépêché une délégation dans le nord-est de la Syrie, théâtre d'une offensive majeure de l'armée syrienne la semaine dernière.

La poche de Kobané (Ain al-Arab, en arabe), à la frontière turque, est enclavée dans des zones tenues par l'armée syrienne et séparée territorialement du reste des territoires autonomes kurdes dans le nord-est de la Syrie.

"Le siège, à la fois militaire et humanitaire, de Kobané doit être levé dès que possible", a déclaré la coprésidente du DEM, Tulay Hatimogullari.

Depuis que les forces kurdes ont été forcées à se retirer de ses environs, où l'armée du président Ahmad al-Chareh a étendu son contrôle, les habitants des villages environnants ont afflué à Kobané où ils sont désormais bloqués, a encore dit Mme Hatimogullari lors d'une conférence de presse.

"Quand nous y sommes allés, la neige nous arrivait aux genoux... l'électricité est coupée, internet est coupé, l'eau est coupée. C'est une tragédie humanitaire immense".

Selon le DEM, qui fait état d'une pénurie alimentaire et de médicaments, quatre enfants y sont morts de froid samedi.

"Les pays garants... doivent de toute urgence assumer leurs responsabilités pour faire lever le siège sur le nord et l'est de la Syrie", a encore appelé la coprésidente du DEM, faisant référence aux Etats-Unis et alliés occidentaux qui ont soutenu pendant des années les forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de la zone autonome kurde en Syrie, chassées de la région.

Le nouveau pouvoir islamiste syrien, qui veut étendre son autorité sur l'ensemble du territoire national, a proclamé le 20 janvier un cessez-le-feu avec les FDS, qui est globalement respecté, mais les deux parties s'accusent de violations, notamment autour de Kobané. Elles ont accepté samedi sa prolongation, selon des sources de chaque camp à l'AFP.

Kobané est une ville-symbole: elle a constitué la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes du groupe l'Etat islamique (EI) en Syrie, après des mois de combats de rue acharnés, en 2015, qui ont détruit une grande partie de la ville.

De son côté, la Turquie considère les FDS comme liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et une menace majeure le long de sa frontière sud.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué samedi l'offensive syrienne en cours. "Les organisations terroristes sont chassées de ces régions par l'armée syrienne", a-t-il déclaré, en référence aux FDS.

"Toutes ces sources de troubles pour notre pays sont en train d'être résolues (...) Lorsque cette organisation terroriste séparatiste sera définitivement éliminée dans le nord de la Syrie, toute la région en bénéficiera", a-t-il ajouté.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.