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Un ministre iranien discute avec des responsables de l'UE avant des sanctions


Samedi 15 octobre 2022 à 10h52

Téhéran, 15 oct 2022 (AFP) — Le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a appelé l'Union européenne à adopter une "approche réaliste" face aux manifestations en Iran, alors que les Vingt-Sept se préparent à imposer des sanctions à son pays, selon un communiqué officiel samedi.

Le ministre s'exprimait lors d'une conversation téléphonique vendredi avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell qui a affirmé de son côté sur Twitter que "la violente répression doit cesser immédiatement" contre les protestations.

Celles-ci ont été déclenchées le 16 septembre par la mort de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans décédée trois jours après son arrestation par la police des moeurs à Téhéran pour avoir, selon celle-ci, enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes, prévoyant notamment le port du voile.

Dans un autre communiqué vendredi, M. Amir-Abdollahian a affirmé: "Qui aurait cru que la mort d'une seule fille serait aussi importante pour les Occidentaux? Qu'ont-ils fait concernant les centaines de milliers de martyrs et de morts en Irak, en Afghanistan, en Syrie et au Liban".

Le 12 octobre, les 27 pays de l'UE ont donné leur accord pour sanctionner les responsables iraniens impliqués dans la répression des manifestations. Ces sanctions doivent être confirmées par les chefs de la diplomatie lundi à Luxembourg, selon des sources diplomatiques à Bruxelles.

"Nous recommandons aux Européens d'adopter une approche réaliste", a dit le ministre iranien à son interlocuteur, en affirmant que son pays était "le pilier d'une stabilité et d'une sécurité durables dans la région".

M. Borrell a pour sa part souligné vendredi sur Twitter "le droit des Iraniens de manifester pacifiquement et de défendre les droits fondamentaux". "La répression violente doit cesser immédiatement. Les manifestants doivent être libérés" et les responsables "doivent rendre des comptes", a-t-il écrit.

Les responsables iraniens ont précédemment critiqué "l'hypocrisie" des Occidentaux sur la question des droits humains. "Il n'est pas juste qu'en Europe, la confrontation la plus violente avec des émeutiers est une bonne chose et un acte acceptable, mais le même acte dans un cadre légal en Iran est considéré comme une répression", a dit M. Amir-Abdollahian à M. Borrell.

Dans un entretien téléphonique vendredi avec le ministre portugais des Affaires étrangères Joao Gomes Cravinho, le ministre iranien a averti qu'en cas de sanctions imposées par l'UE, l'Iran "prendrait une mesure de réciprocité", sans fournir de précisions.

pdm/tp/sg

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.