Mardi 6 janvier 2009 à 16h53
ISTANBUL, 6 jan 2009 (AFP) — Un procureur turc a requis de trois à cinq ans de prison contre le directeur de la rédaction d'un quotidien libéral pour avoir publié des informations militaires confidentielles mettant en cause le rôle de l'armée dans une attaque de rebelles kurdes, a affirmé mardi ce journal.
L'acte d'accusation rédigé par un procureur stambouliote après une plainte de l'état-major reproche à Adnan Demir d'avoir "dévoilé des informations de nature confidentielle et de diffusion interdite par les autorités compétentes", a déclaré à l'AFP Markar Esayan, rédacteur en chef du journal Taraf.
Le procès doit selon l'agence de presse Anatolie débuter dans les prochains jours.
Dix-sept soldats ont péri en octobre dans l'assaut lancé par des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) soutenus depuis l'Irak par des tirs d'armes lourdes contre une caserne proche de la frontière irakienne, dans la province de Hakkari.
Taraf a publié après cette attaque une série d'articles affirmant que l'armée avait connaissance un mois avant l'assaut des déplacements d'un groupe de 80 rebelles à travers les montagnes du nord de l'Irak en direction de la frontière turque.
Le quotidien a également fait état d'un rapport prévenant cinq jours avant l'assaut que les rebelles transportaient des pièces d'artillerie anti-aérienne et de renseignements fournis par les Etats-Unis dans les heures précédant l'opération montrant les rebelles installant leurs armes et minant les alentours.
L'armée a mené une enquête interne concluant à l'absence de faute des forces de sécurité.
L'attaque du 3 octobre avait suscité l'indignation de la population turque et encouragé les autorités à lancer une opération contre les bases du PKK dans le nord de l'Irak.
Considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'UE et les Etats-Unis, le PKK mène depuis 1984 une lutte armée pour l'autonomie du sud-est de la Turquie, peuplé en majorité de Kurdes. Le conflit a fait quelque 44.000 morts.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.