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Un hélicoptère militaire essuie des coups de feu au-dessus du sud-est de la Turquie


Vendredi 21 juin 2013 à 18h04

ANKARA, 21 juin 2013 (AFP) — Un hélicoptère militaire a essuyé jeudi au-dessus du sud-est de la Turquie des coups de feu attribués par Ankara aux rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui ont amorcé leur retrait du territoire turc, a annoncé vendredi l'armée turque.

"Le 20 juin 2013, à environ 18h40 (15h40 GMT), un hélicoptère de commandement transportant le chef du corps des gendarmes et le chef de la 3e division a été la cible de quatre coups de feu au-dessus des monts Ikiyaka, dans la province de Hakkari, tirés par des terroristes", a rapporté l'état-major dans un communiqué publié sur son site internet.

Cet incident est le second recensé par l'armée turque depuis le cessez-le-feu unilatéral proclamé le 20 mars dernier par le chef historique du PKK Abdullah Öcalan.

Le 3 juin, des rebelles kurdes avaient échangé des coups de feu avec des soldats turcs dans la ville de Sirnak (sud-est), blessant légèrement un militaire, selon l'état-major.

Les combattants du PKK ont commencé le 8 mai à se retirer du sol turc pour rallier leurs bases du nord du Kurdistan irakien, un mois et demi après l'appel historique de leur chef emprisonné Abdullah Öcalan à se retirer.

Les quelque 2.000 combattants du PKK doivent achever leur retrait de Turquie d'ici au début de l'hiver.

Malgré l'échec de plusieurs tentatives précédentes, le gouvernement turc a repris à la fin 2012 des discussions avec M. Öcalan, qui purge une peine de prison à vie, pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

En échange de son retrait, le PKK a exigé des réformes en faveur des Kurdes de Turquie qui réclament la reconnaissance de droits spécifiques, notamment le droit à l'éducation en langue kurde, pour leur communauté de 12 à 15 millions de membres, ainsi qu'une forme d'autonomie régionale.

Un des coprésidents du Parti kurde pour la paix et la démocratie (BDP), Selahattin Demirtas, a fait part de son impatience et exhorté vendredi le gouvernement à honorer sa part du contrat.

"Le gouvernement a dit qu'il préparait des mesures. La question devrait être mise sur la place publique la semaine prochaine", a espéré M. Demirtas, cité par les médias turcs, menaçant d'une rupture du processus de paix si Ankara tardait à agir.

Une frange de l'opinion turque reste catégoriquement opposée aux discussions engagées par le gouvernement avec le chef du PKK, largement considéré comme un "terroriste".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.