
Vendredi 13 mars 2026 à 16h36
Paris (France), 13 mars 2026 (AFP) — Le soldat français tué jeudi en Irak par un drone de facture iranienne faisait partie d'un contingent militaire occidental déployé dans la région autonome du Kurdistan pour lutter contre une éventuelle résurgence du groupe Etat islamique.
La coalition internationale antijihadiste "Inherent Resolve", dirigée par les Etats-Unis et réunissant à l'origine 80 pays, a lancé ses opérations en Irak et en Syrie en 2014 pour contrer la progression rapide de l'EI dans ces deux pays.
Depuis la défaite territoriale du groupe jihadiste en 2016, l'opération a réduit sa voilure et changé de nature. Depuis 2022, ces forces ne conduisent plus d'opérations militaires au sol et leurs missions se limitent pour l'essentiel à des frappes aériennes, de ciblage et à de la formation.
Le quartier-général de l'opération s'est déplacé fin 2025 de Badgad à Erbil, capitale du Kurdistan irakien.
Le contingent américain a été réduit à moins de 2.000 militaires.
Une vingtaine de pays, européens pour la plupart, participent encore à l'opération, selon un récent rapport de l'Inspecteur général du Pentagone.
Avant la guerre ayant débuté le 28 février au Moyen-Orient, la France comptait encore environ 600 militaires sur place.
La coalition compte aussi des troupes britanniques, italiennes ou encore scandinaves. Mais les tensions régionales croissantes puis le déclenchement des frappes israélo-américaines contre l'Iran et la riposte de Téhéran contre les pays de la région ont rebattu les cartes.
Mi-février, l'Allemagne a annoncé qu'elle retirait "temporairement" une partie de son personnel d'Erbil.
Depuis le début de la guerre, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.
Jeudi soir, un militaire français a été tué et six blessés dans une attaque de drone dans la région.
"Après le 28 février, nous avons modifié notre posture pour nous adapter au niveau de la menace", a commenté vendredi l'état-major français, sans plus de précisions. "Nous déplaçons régulièrement notre personnel pour leur donner les meilleures garanties de sécurité".
Mercredi, à Erbil, un drone "a touché la base italienne et a causé des dégâts aux infrastructures et aux équipements", a annoncé le commandant du contingent italien de l'emprise, où des militaires italiens entraînent des membres des forces de sécurité kurdes.
Dans la foulée, l'Italie a annoncé le retrait "temporaire" d'Erbil de ses 140 personnels, achevant ainsi une évacuation prévue et déjà en cours.
Mercredi également, deux drones se dirigeant vers une base d'Erbil ont été abattus par des militaires britanniques qui y sont stationnés, selon le ministère britannique de la Défense.
Plus tôt dans la semaine, les forces américaines ont abattu cinq des six drones lancés contre l'aéroport international d'Erbil, qui abrite une emprise américaine.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.