Page Précédente

Un attentat à Istanbul fait huit blessés (officiel)


Jeudi 26 mai 2011 à 16h05

ISTANBUL, 26 mai 2011 (AFP) — Un attentat à la bombe a fait huit blessés, dont un policier, jeudi dans un quartier résidentiel de la rive européenne d'Istanbul, ont annoncé des responsables turcs, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan ayant désigné les rebelles kurdes comme les possibles auteurs.

"L'explosion d'une bombe composée d'un explosif de puissance moyenne placé sur une bicyclette électrique a fait sept blessés dont un policier. Leurs jours ne sont pas en danger", a dans un premier temps déclaré le chef de la police d'Istanbul, Hüseyin Capkin.

La direction de la santé a ensuite publié un communiqué faisant état de huit blessés, dont deux dans un état grave. Il s'agit de personnes âgées de 23 à 55 ans, dont trois femmes.

Une femme a eu un pied arraché par la déflagration et une autre souffre de brûlures du système respiratoire, a déclaré un responsable de cette direction, cité par l'agence de presse Anatolie.

La bombe a explosé vers 09H00 (06H00 GMT) sous un pont, près d'un arrêt d'autobus, dans le quartier cossu d'Ettiler, blessant des passagers d'un autobus et des passants.

Deux autobus, un taxi et une voiture étaient immobilisés avec leurs vitres brisées au coeur du périmètre de sécurité établi par la police dans l'éventualité d'une nouvelle explosion et pour permettre aux experts d'examiner les lieux, selon un photographe de l'AFP.

"Le fait que l'explosion s'est produite à proximité d'une école de police laisse penser que l'attentat a peut-être visé la police", a commenté M. Capkin, refusant d'émettre des hypothèses sur les responsables de l'attentat.

Interrogé par des journalistes à l'issue d'un meeting politique --l'attentat survient en pleine campagne des élections législatives, prévues le 12 juin--, le Premier ministre a en revanche désigné les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) comme les possibles auteurs de l'attaque.

"Il serait erroné de s'exprimer sans être parvenus à des conclusions définitives, mais quand on regarde la méthode (employée), il apparaît que c'est lié à l'organisation terroriste", a déclaré M. Erdogan, cité par Anatolie, faisant allusion au PKK.

Le PKK a multiplié ces dernières semaines les heurts avec les forces de sécurité après avoir menacé en mars de mettre fin à un cessez-le-feu unilatéral décrété en août 2010, déplorant que le gouvernement n'ait pas réussi à dialoguer avec les Kurdes.

Le dernier attentat commis à Istanbul --une attaque suicide contre des policiers en faction en octobre-- a fait 32 blessés et a été revendiqué par un groupe kurde radical, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), considéré par la police comme un paravent utilisé par le PKK pour des attentats pouvant provoquer une vive réprobation publique.

En mai, le PKK, considéré par la Turquie et de nombreux pays comme une organisation terroriste, a revendiqué une attaque contre un convoi électoral du parti au pouvoir, qui a fait un mort.

L'attentat a été suivi d'une menace du chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, de faire de la Turquie "un enfer" à moins qu'Ankara ne s'engage sur la voie de négociations avec son groupe d'ici au 15 juin.

Plusieurs groupes armés -- kurdes, islamistes et d'extrême gauche -- ont déjà commis des attentats à Istanbul.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.