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Turquie: violents combats armée/PKK dans le sud-est, plusieurs morts


Lundi 21 decembre 2015 à 18h17

Diyarbakir (Turquie), 21 déc 2015 (AFP) — L'armée turque et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) se sont violemment affrontés lundi dans le sud-est du pays, où les forces de sécurité mènent depuis une semaine leur plus grande opération de ces dernières années.

Des fusillades nourries accompagnées d'explosions nombreuses ont été entendues dans les villes de Cizre et Silopi, dans la province de Sirnak (sud-est), coupées de l'extérieur en raison de stricts couvre-feu, ont rapporté les médias locaux. A Cizre, un hélicoptère de l'armée turque a dû renoncer à se poser après avoir été pris sous le feu de combattants du PKK, selon le quotidien Hürriyet.

Dans son dernier bilan dévoilé lundi, l'état-major turc a fait état de 89 "terroristes neutralisés" à Cizre, neuf à Silopi et sept à Sur, dans la province de Diyarbakir, depuis le début de l'offensive en début de semaine dernière. L'agence de presse progouvernementale Anatolie a par ailleurs rapporté que 10 "membres du PKK" avaient été tués à Dargeçit, dans la province voisine de Mardin.

Il était impossible de vérifier ce bilan de façon indépendante dans l'immédiat.

Deux soldats ont par ailleurs été tués et six autres blessés après l'explosion d'une bombe au bord d'une route près de la ville de Bitlis, a rapporté lundi Anatolie.

A Nusaybin, également dans la province de Mardin, un couvre-feu, qui avait été imposé à trois quartiers, a été étendu lundi à onze nouveaux quartiers, a annoncé le gouverneur local dans un communiqué.

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, des combats meurtriers ont repris l'été dernier entre Ankara et le PKK, faisant voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a dénoncé dimanche une "tentative de déclencher une guerre civile", et a averti que les opérations allaient continuer.

Depuis la semaine dernière, le conflit kurde est "entré dans une nouvelle phase", a estimé lundi Murat Karayilan, leader du PKK en l'absence de son chef historique, Abdullah Ocalan, emprisonné. "Le conflit est en train d'évoluer vers une guerre civile", a-t-il estimé dans un entretien à l'agence de presse prokurde Firat.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.