Page Précédente

Turquie: un militaire blâme le gouvernement après la mort de son frère dans des combats


Dimanche 23 août 2015 à 18h53

Istanbul, 23 août 2015 (AFP) — La vidéo d'un lieutenant-colonel de l'armée turque, prostré dimanche sur le cercueil de son frère mort dans des combats, mettant en cause l'offensive lancée contre les forces kurdes au cours de laquelle de nombreux militaires turcs continuent de tomber, a été diffusée largement sur les réseaux sociaux du pays.

"Qui est son meurtrier? Quelle est la cause de sa mort? (...) Que s'est-il passé pour que ceux qui nous parlaient encore hier d'une solution" avec le PKK "n'ont plus que le mot guerre à la bouche?", s'est exclamé avec ferveur Mehmet Alkan, vêtu de ses habits militaires, lors des funérailles de son frère dans la région d'Osmaniye (sud du pays), mort dans des combats avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

"Ceux qui disent +je souhaite mourir en martyr+ alors qu'ils se baladent dans les palais avec 30 gardes du corps, n'ont qu'à aller là-bas", sur le front avec l'Irak et la Syrie, a lancé l'homme devant des journalistes, selon une vidéo de l'agence de presse Cihan.

Le ministre de l'Energie Taner Yildiz a déclaré mercredi souhaiter "mourir en martyr, pour la religion, la nation et le pays" avant d'expliquer que le sens de ses propos étaient philosophiques.

"L'enfant du peuple qui est là n'a que 32 ans. Il n'a pas eu le temps de profiter de ceux qui l'aiment, ni de son peuple", a lancé le lieutenant-colonel éploré et révolté.

La victime, Ali Alkan, capitaine dans l'armée turque, a été tué samedi dans la province de Sirnak (sud-est) dans une attaque attribuée au PKK.

La région d'Osmaniye, située non loin de la frontière syrienne, est particulièrement endeuillée depuis le début de l'offensive turque lancée il y a un mois contre le PKK et dans une moindre mesure, le groupe de l'Etat islamique (EI). Six militaires originaires de cette région sont morts en vingt jours, ont souligné les médias en Turquie.

Alors que les médias officiels turcs et réputés proches du gouvernement ne se sont pas fait l'écho de ces incidents, comme l'a relevé le journal d'opposition Cumhurriyet, la vidéo a été largement diffusée sur les réseaux sociaux dimanche.

La Turquie a lancé le 24 juillet une offensive militaire à la suite de l'attentat suicide de Suruç (sud), visant essentiellement le PKK, qui en réponse, a rompu un cessez-le-feu en vigueur avec Ankara depuis 2013.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.