
Samedi 31 janvier 2026 à 10h56
Ankara, 31 jan 2026 (AFP) — Un convoi d'aide vers Kobané, ville à majorité kurde du nord de la Syrie cernée par l'armée syrienne, a été bloqué par les autorités turques avant d'atteindre la frontière, ont dénoncé samedi des ONG et une députée turque qui accompagne le convoi, malgré l'accord annoncé vendredi entre Damas et les Kurdes syriens.
"Les camions attendent toujours dans un dépôt sur l'autoroute. Nous poursuivrons nos négociations aujourd'hui. Nous souhaitons qu'ils puissent passer par le poste-frontière de Mursitpinar", situé du côté turc en face de Kobané, a déclaré à l'AFP Adalet Kaya, députée du parti prokurde DEM, qui accompagne le convoi.
25 camions contenant de l'eau, du lait, des préparations pour nourrissons et des couvertures collectés à Diyarbakir, principale ville du sud-est à majorité kurde de Turquie, "n'ont pas été autorisés à franchir la frontière", a affirmé sur X la Plateforme de solidarité et de protection de Diyarbakir, qui a organisé la campagne d'aide.
"Bloquer des camions d'aide humanitaire transportant des biens de première nécessité est inacceptable, tant du point de vue du droit humanitaire que du point de vue de la responsabilité morale", a dénoncé la plateforme qui regroupe plusieurs ONG.
Plus tôt cette semaine, des habitants de Kobané avaient déclaré à l'AFP manquer de nourriture, d'eau et d'électricité, alors que la ville était submergée de personnes ayant fui l'avancée de l'armée syrienne.
Les forces kurdes ont accusé l'armée syrienne d'imposer un "siège" à Kobané.
Le poste-frontière de Mursitpinar, situé en face de Kobané, est fermé depuis 2016 par les autorités turques, qui l'ont cependant temporairement ouvert pour le passage de l'aide humanitaire dans le passé.
Le DEM, ainsi que le principal parti de l'opposition turque CHP ont conjointement appelé cette semaine à l'ouverture de Mursitpinar "pour éviter un drame humanitaire".
Les autorités turques indiquent cependant que l'aide peut passer par le poste-frontière d'Oncupinar, situé 181 km plus loin.
"Ce n'est pas juste une question de distance. Nous voulons être sûrs que l'aide parvienne à Kobané et ne soit pas redirigée ailleurs par Damas qui a instauré le siège", a affirmé Adalet Kaya.
Après des mois d'impasse et de violents combats, Damas et les Kurdes syriens ont annoncé vendredi un accord sur l'intégration progressive des forces et de l'administration de la zone autonome kurde au sein de l'État syrien, salué par Washington et Paris.
Kobané, séparée territorialement de la zone autonome et ville symbole de la victoire des combattants kurdes contre le groupe jihadiste État islamique, est toujours cernée par l'armée en attendant l'entrée en vigueur de l'accord.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.