Page Précédente

Turquie: Tension vive dans les zones kurdes après la mort de deux manifestants


Dimanche 8 decembre 2013 à 09h18

DIYARBAKIR (Turquie), 08 déc 2013 (AFP) — La tension restait vive dimanche dans les zones Kurdes de Turquie, après la mort vendredi dans la ville de Yüksekova (sud-est) de deux manifestants kurdes lors de violents heurts avec la police.

Des rassemblements étaient prévus dimanche à Diyarbakir, principale ville du sud-est anatolien, peuplé majoritairement de Kurdes, et dans d'autres provinces de la région comme Batman et Van.

Samedi soir, un manifestant kurde âgé de 25 ans a été grièvement blessé, touché selon des témoins à la tête par une grenade lacrymogène tirée par les forces de l'ordre, à Yüksekova, après les funérailles de deux Kurdes tués par balle par la police la veille à l'occasion d'échauffourées provoquées par des informations faisant état de la destruction de cimetières où étaient enterrés des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

L'homme a été hospitalisé avec un traumatisme crânien, a-t-on indiqué de source locale.

Des affrontements ont opposé des jeunes Kurdes aux forces de l'ordre, en marge des funérailles des deux victimes. La police est intervenue avec des grenades lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les protestataires, qui ont riposté par des jets de pierre.

Le bureau du gouverneur local a démenti formellement la destruction des cimetières à l'origine des incidents,

La mort des deux Kurdes a aussi provoqué des manifestations et des heurts avec la police à Istanbul (nord-ouest), qui compte une importante communauté kurde.

A Dogubeyazit (est), localité proche de la frontière iranienne, des inconnus ont lancé des engins explosifs contre un poste de police, sans faire de victime, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Le chef du PKK, Abdullah Öcalan, emprisonné à vie depuis 1999, a dénoncé une "grande provocation" depuis sa prison où il a rencontré samedi des députés kurdes.

"Ces assassinats constituent une grande provocation contre le processus" de paix, a-t-il dit dans une communiqué publié au terme de l'entretien, appelant les Kurdes à rester vigilants.

Ankara et le PKK ont engagé il y a un an des pourparlers pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 45.000 morts depuis 1984.

Mais ce processus est paralysé après la décision du PKK de suspendre cet automne le retrait de ses rebelles de Turquie pour dénoncer des promesses non tenues du gouvernement.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.