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Turquie : rejet de la demande de libération de l'opposant kurde Demirtas


Vendredi 30 novembre 2018 à 13h51

Ankara, 30 nov 2018 (AFP) — Un tribunal turc a rejeté vendredi la demande de libération du l'opposant kurde Selahattin Demirtas, malgré la décision de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) appelant à sa libération après deux ans de détention, selon une responsable de son parti.

"Un tribunal local a rejeté la demande de libération de Demirtas", a indiqué à l'AFP une responsable du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), dont M. Demirtas est l'une des figures de proue.

Détenu depuis novembre 2016, accusé d'activités "terroristes", M. Demirtas risque jusqu'à 142 ans de prison dans le principal procès à son encontre.

La demande de libération déposée par ses avocats et rejetée par le tribunal d'Ankara vendredi suit une décision de la CEDH, qui a sommé il y a dix jours la Turquie de mettre fin "dans les plus brefs délais" à la détention provisoire de M. Demirtas.

Mais le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accuse régulièrement le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux, a rapidement balayé cette décision en estimant qu'elle n'était pas contraignante pour Ankara.

Dans un communiqué publié vendredi, le HDP a dénoncé une décision "politique", prise sous "la pression du président Erdogan".

"Il s'agit clairement d'une violation de la Constitution et de la Convention européenne des droits de l'homme", ajoute le texte, signé par les co-présidents du parti, Pervin Buldan et Sezai Temelli.

Poursuivi dans le cadre de nombreux autres procès, M. Demirtas a déjà été condamné en septembre dernier à 4 ans et 8 mois de prison pour "propagande terroriste". Il a fait appel de cette décision.

Dans un texte rédigé depuis la prison de haute sécurité d'Edirne (nord-ouest), publié la semaine dernière, M. Demirtas accuse le gouvernement turc d'avoir accéléré la procédure en appel concernant cette condamnation.

Ce faisant, elles pourraient en théorie maintenir M. Demirtas en prison pour qu'il y purge cette peine, tout en levant techniquement la mesure de détention provisoire qui le vise dans le cadre de son autre procès et qui elle seule est visée par l'arrêt de la CEDH.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.