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Turquie: quatre soldats blessés dans des affrontements avec le PKK


Samedi 11 avril 2015 à 19h12

Ankara, 11 avr 2015 (AFP) — Quatre soldats ont été blessés samedi lors d'affrontements en Turquie avec des militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), que le président Recep Tayyip Erdogan a accusé de "dynamiter la paix".

L'armée a envoyé des hélicoptères, des avions de reconnaissance et une unité de commandos dans la région d'Agri (sud-est), frontalière avec l'Iran, où les affrontements se poursuivaient samedi, selon un communiqué militaire.

Le président Erdogan a vivement dénoncé ces violences, accusant le PKK de tenter de "dynamiter la paix dans (le) pays et de saboter le processus de paix".

"Je condamne fermement cette attaque. Les affrontements se poursuivent. Vingt-cinq terroristes se battent en ce moment avec nos troupes", a-t-il déclaré, dans un discours télévisé depuis la ville de Sakarya, sur les bords de la mer Noire (ouest).

Selon l'armée turque, les soldats se sont rendus dans le district de Diaydin, après avoir appris qu'un "festival" y était prévu pour promouvoir "l'organisation séparatiste terroriste", termes utilisés par la Turquie pour désigner le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara.

Des rebelles du PKK ont tiré sur des soldats qui ont répliqué, selon le communiqué de l'armée publié sur son site internet et qui fait état de quatre soldats blessés.

Le Premier ministre, Ahmet Davutoglu, a écrit via son compte Twitter "que l'armée ripostait comme nécessaire à la perfide attaque".

L'agence prokurde, DIHA news agency, a pour sa part fait état d'une personne tuée par l'armée, une autre blessée et six autres arrêtées. Mais cette information n'a pas été confirmée de source officielle.

Auparavant, le vice-Premier ministre Yalcin Akdogan avait fermement condamné ces "attaques terroristes" tandis que le chef du Parti démocratique populaire (HDP, pro-kurde), Selahattin Demirtas, déplorait "un développement triste et inquiétant".

Ces combats portent un coup au processus du paix entre l'Etat turc et le PKK, qui avait lancé en 1984 une rébellion armée séparatiste qui a fait 40.000 morts. Décrété unilatéralement par le PKK en mars 2013, le cessez-le-feu en vigueur depuis est globalement respecté.

Fin mars, des affrontements avaient toutefois déjà eu lieu près de la frontière irakienne.

Mais le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, avait réitéré sa volonté de déposer les armes. Son mouvement ne réclame plus l'indépendance, mais une large autonomie pour les 15 millions de Kurdes de Turquie (20% de la population).

Partisan de la paix avec les Kurdes, le président islamo-conservateur Erdogan a toutefois musclé son discours dans la perspective des élections législatives du 7 juin. A plusieurs reprises, il a accusé le gouvernement d'être trop conciliant avec le PKK.

sjw/slr/alc/fpp/pjl

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.