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Turquie: ouverture d'une enquête après la mort suspecte d'un détenu kurde


Dimanche 11 avril 2010 à 16h24

ANKARA, 11 avr 2010 (AFP) — Le ministère turc de la Justice a annoncé dimanche l'ouverture d'une enquête administrative sur la mort suspecte d'un détenu kurde qui a succombé samedi à de graves blessures à la tête dans un hôpital d'Izmir (ouest).

"L'enquête judiciaire relative à l'hospitalisation du détenu Mehmet Kilinç pour cause de tentative de suicide continue. Le ministère de la Justice a également ouvert une enquête administrative et chargé un contrôleur d'examiner les allégations", dit un communiqué du ministère, cité par l'agence Anatolie.

Condamné en 2005 à six ans de prison pour soutien aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Mehmet Kilinç, 28 ans, marié et père de trois enfants, a été transféré le 3 avril de la prison de Buca, dans la banlieue d'Izmir, à un hôpital de la ville pour une blessure à la tête, selon les médias.

L'administration de la prison a informé la famille du détenu que celui-ci avait tenté de se suicider.

L'autopsie a révélé une fracture du crâne, des lésions et une hemorragie cérébrales, ainsi que des ecchymoses et des coupures sur différentes parties du corps, a rapporté le quotidien libéral Radikal, citant une avocate présente à l'autopsie.

Selon Radikal, Kilinç devait sortir de prison dans six mois.

Soixante fonctionnaires (gardiens de prison, policiers, gendarmes) accusés de tortures ayant entraîné la mort d'un détenu sont en cours de jugement à Istanbul après la mort en otobre 2008 d'un militant de gauche, victime selon le rapport d'autopsie de "coups violents" ayant entraîné une hemorragie mortelle.

Cette affaire a provoqué l'indignation en Turquie et est suivie de près par les défenseurs des droits de l'Homme, qui affirment avoir constaté une recrudescence de la torture dans le pays.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.