
Dimanche 18 janvier 2026 à 16h59
Istanbul, 18 jan 2026 (AFP) — Les combats entre l'armée syrienne et les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie sont "une tentative de saboter le processus de paix" initié en Turquie avec la guérilla du PKK, ont estimé dimanche son chef Abdullah Öcalan et le parti prokurde DEM.
Le DEM, troisième force au parlement turc qui assure la médiation entre Ankara et le chef du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), a dénoncé une "pure hypocrisie" de la part des autorités turques qui soutiennent simultanément l'offensive de Damas contre les combattants kurdes.
"On ne peut pas traiter ceux que l'on qualifie de +citoyens+ de ce côté de la frontière comme des +ennemis+ de l'autre", insiste le DEM dans un communiqué. "On ne peut pas être constructif à Ankara et destructeur en Syrie".
"Monsieur Öcalan voit dans cette situation une tentative de sabotage du Processus de paix et de société démocratique" avait rapporté précédemment une délégation du parti après une visite samedi au chef toujours respecté du PKK, emprisonné à l'isolement au large d'Istanbul depuis 1999.
Le 27 février 2025, Abdullah Öcalan avait appelé le mouvement à se dissoudre et à déposer les armes afin de mettre un terme à plus de quatre décennies de combats qui ont fait au moins 50.000 morts, répondant ainsi à une initiative d'Ankara.
La Turquie, qui dispose de plusieurs bases militaires en Syrie avec laquelle elle partage plus de 900 km de frontière, appuie l'offensive de Damas contre les Forces démocratiques syriennes (FDS, majoritairement kurdes), accusant le PKK de lui être affilié.
Dans une déclaration de son comité exécutif, après que les forces kurdes ont été chassées par l'armée syrienne de plusieurs zones qu'elles contrôlaient, le DEM a exprimé, en son nom dimanche soir, son inquiétude.
"L'attitude du Gouvernement intérimaire de Damas conduit à l'impasse" écrit-il: "Les attaques contre le Rojava (l'administration autonome kurde autoproclamée dans le nord-est de la Syrie, NDLR) constituent une menace pour la paix régionale".
Le DEM se tourne vers la Turquie, appelant "l'État et le gouvernement turcs à être un acteur de réconciliation et d'union des parties en Syrie, plutôt que celui qui attise le conflit".
"Alors qu'un processus d'apaisement est en cours en Turquie, les politiques partisanes menées simultanément dans le nord-est de la Syrie relèvent d'une pure hypocrisie politique".
Selon la délégation du DEM, qui précise avoir passé "deux heures et demi" avec lui samedi, Abdullah Öcalan, "Apo" pour ses partisans, a cependant "réaffirmé son attachement au Processus de paix et de société démocratique et indiqué que la perspective du 27 février demeurait valable".
De petits rassemblements de soutien aux combattants kurdes de Syrie ont eu lieu ces derniers jours dans plusieurs villes du sud-est de la Turquie, région dont la population est majoritairement kurde.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.