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Turquie: Öcalan devrait appeler le PKK à un cessez-le-feu le 21 mars


Mercredi 27 février 2013 à 14h08

DIYARBAKIR (Turquie), 27 fév 2013 (AFP) — Le chef emprisonné des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, devrait appeler ses troupes à un cessez-le-feu le 21 mars dans le cadre de discussions de paix avec Ankara, ont affirmé mercredi des sources gouvernementales et kurdes.

Dans un courrier adressé aux dirigeants du PKK et au principal parti kurde de Turquie, le Parti pour la paix et la démocratie (BDP), M. Öcalan a fait passer le message suivant: "à partir du Newroz (nouvel an kurde, fêté le 21 mars), vous respecterez un cessez-le-feu, vous ne mènerez plus d'actions", a rapporté le vice-Premier ministre Bülent Arinç sur la chaîne d'information NTV.

"L'abandon complet des armes aura lieu en juillet-août et on discutera du processus de sortie du territoire" des combattants kurdes, a poursuivi M. Arinç en paraphrasant le responsable kurde.

Interrogé par l'AFP, le député du BDP (Parti pour la paix et la démocratie) Nazmi Gür a confirmé l'existence d'une lettre dans laquelle Abdullah Öcalan présente un "projet" pour une résolution du conflit kurde.

"La lettre a trois destinataires: nous, le (réseau du PKK en) Europe et les monts Kandil", la région du nord de l'Irak où le PKK a installé son quartier général, a indiqué M. Gür.

"Öcalan offre un projet de solution dans cette lettre et attend de chaque partie qu'elle discute en profondeur et fournisse un retour qui sera inclus dans la version finale", a ajouté le député, confirmant que l'appel formel à un cessez-le-feu aurait probablement lieu le 21 mars.

Une délégation de trois députés du BDP a rendu visite samedi au dirigeant, qui purge une peine de prison à vie sur l'île d'Imrali (nord-ouest de la Turquie).

A leur retour, les élus ont lu à la presse un bref message d'Öcalan, qualifiant de "processus historique" les discussions de paix et suggérant une libération prochaine des prisonniers turcs aux mains du PKK.

Ankara mène depuis décembre des pourparlers avec Abdullah Öcalan pour mettre un terme à la rébellion kurde qui a fait, depuis ses débuts en 1984, plus de 45.000 morts, selon l'armée turque.

Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par Ankara et de nombreux pays occidentaux.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.