
Jeudi 15 janvier 2015 à 17h05
Sirnak (Turquie), 15 jan 2015 (AFP) — Des milliers de personnes ont assisté jeudi à Sirnak (sud-est) aux obsèques d'un garçon de 12 ans tué dans circonstances encore inexpliquées, dernière victime en date des violences qui opposent militants kurdes et policiers dans le sud-est de la Turquie.
Selon des témoins interrogés par l'AFP, ce jeune Kurde, Nihat Kazanhan, a été abattu mercredi d'un coup de feu dans le district de Cizre pendant de violents affrontements entre manifestants kurdes et forces de l'ordre.
Aux obsèques, sa famille et des militants kurdes ont accusé les forces de l'ordre d'avoir tué le garçon, a constaté un photographe de l'AFP.
Le Premier ministre islamo-conservateur Ahmet Davutoglu a catégoriquement démenti jeudi cette version des faits, assurant que les policiers n'avaient pas fait usage de leurs armes à feu ni même de gaz lacrymogène au cours de ces incidents.
Dans un communiqué, la direction de la police de Sirnak a assuré que ses unités n'étaient "en aucun cas" impliquées dans la mort du garçon.
Le sud-est en majorité kurde de la Turquie est le théâtre depuis plusieurs mois d'épisodes de violences qui mettent en péril le fragile processus de paix engagé fin 2012 entre le gouvernement islamo-conservateur d'Ankara et le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Öcalan, emprisonné à vie.
La mort du jeune Nihat porte à sept le nombre des personnes tuées en trois semaines dans la région, ont indiqué des sources sécuritaires locales à l'AFP.
Une quarantaine de personnes ont également péri en octobre dans des affrontements causés par le refus du gouvernement d'intervenir militairement au profit des Kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané assiégée par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.