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Turquie : les rassemblements interdits jusqu'à samedi à la frontière syrienne


Lundi 26 janvier 2026 à 18h54

Istanbul, 26 jan 2026 (AFP) — Les autorités turques ont interdit jusqu'à samedi soir tout rassemblement dans la province de Mardin (sud-est), frontalière de la Syrie, où l'offensive de Damas contre les combattants kurdes du nord-est syrien suscite la colère, a annoncé lundi le gouvernorat provincial.

Un appel à manifester mardi à Nusaybin, localité de la province de Mardin située face à la ville syrienne de Qamichli, avait été lancé par le parti prokurde turc DEM, en dépit du cessez-le-feu en vigueur dans le nord de la Syrie.

Lors d'une précédente marche la semaine passée pour dénoncer l'offensive de Damas sur la région semi-autonome du nord-est syrien tenue par des combattants kurdes, plus d'un millier de manifestants prokurdes avaient tenté de forcer le poste-frontière de Nusaybin pour entrer en Syrie.

"À l'exception des événements jugés appropriés (...), toute action destinée à être menée dans des espaces ouverts (rassemblements, marches, conférences de presse, grèves de la faim, sit-in, installation de stands, montage de tentes, distribution de tracts/brochures, accrochage d'affiches/bannières, etc.) est interdite", écrit le gouvernorat de Mardin dans un communiqué.

Les autorités turques, engagées dans un processus de paix avec les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdisent déjà depuis vendredi - et jusqu'à lundi soir - les rassemblements en extérieur à Diyarbakir, la principale ville du sud-est à majorité kurde.

Les affrontements dans le nord de la Syrie font craindre un déraillement du processus de paix entre Ankara et le PKK.

Les combattants kurdes de Syrie ont accusé lundi les forces gouvernementales d'avoir tué cinq civils dans des bombardements sur la région de Kobané (nord), malgré le cessez-le-feu en cours.

En octobre 2014, de violentes manifestations avaient éclaté en Turquie pour protester contre le siège de la ville de Kobané, à majorité kurde, par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), faisant près de 40 morts.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.