
Mardi 28 juillet 2015 à 16h54
Istanbul, 28 juil 2015 (AFP) — Rappel des événements en Turquie depuis l'attentat meurtrier perpétré le 20 juillet à Suruç, dans le sud.
Depuis l'attaque, Ankara est passé à l'offensive contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie mais aussi contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, autonomistes kurdes) dans le nord de l'Irak.
- 20 JUILLET : la Turquie est rattrapée par le conflit en Syrie qui se déroule depuis plus de quatre ans à ses portes, avec un attentat à Suruç, près de la frontière syrienne, qui fait 32 morts et une centaine de blessés.
L'explosion vise le centre culturel de Suruç, où s'étaient regroupés des étudiants désireux de participer à la reconstruction de Kobané, de l'autre côté de la frontière, détruite pendant la bataille entre l'EI et les milices kurdes de Syrie.
Le président Recep Tayyip Erdogan dénonce une "attaque terroriste", le pouvoir évoquant un attentat suicide qu'il attribue à l'EI.
Début de manifestations, réprimées par la police, pour dénoncer la politique syrienne de M. Erdogan, accusé de complicité avec les jihadistes.
- 22 JUILLET : le PKK revendique le meurtre de deux policiers retrouvés morts à leur domicile de Ceylanpinar (sud-est), présentant son opération comme une "action punitive".
- 23 JUILLET : des combattants jihadistes ouvrent le feu à partir de la Syrie sur un poste-frontière de l'armée dans la région de Kilis, tuant un sous-officier. Des chars turcs bombardent aussitôt des positions tenues en Syrie par l'EI.
A Diyarbakir, grande ville en majorité kurde du Sud-Est, un policier est tué.
- 24 JUILLET : des chasseurs F16 turcs procèdent à des frappes sur des positions jihadistes en Syrie.
Début d'une vague d'arrestations visant des rebelles du PKK, des membres présumés de l'EI et des militants d'extrême gauche. Au moins 900 personnes ont été depuis arrêtées en Turquie.
M. Erdogan confirme que son pays a autorisé les Etats-Unis à faire des raids aériens contre des cibles jihadistes à partir de plusieurs bases, dont celle d'Incirlik (sud).
Dans la nuit, l'aviation turque bombarde des positions militaires du PKK en Irak.
- 25 JUILLET : la Turquie intensifie son offensive contre l'EI et les rebelles du PKK.
"Les conditions du maintien du cessez-le-feu ont été rompues", estime la branche armée du PKK.
Deux militaires sont tués dans l'explosion d'une voiture piégée près de Diyarbakir. L'attaque est revendiquée par le mouvement autonomiste.
- 26 JUILLET : nouvelle vague de frappes turques contre les bases arrière du PKK sur les monts Kandil, dans le nord de l'Irak.
La Turquie a "le droit de mener des actions contre des cibles terroristes", indique un responsable américain.
Un policier est tué à Istanbul dans des affrontements avec des manifestants d'extrême gauche.
- 27 JUILLET : les milices kurdes et une ONG syriennes affirment que des chars turcs ont ouvert le feu sur deux villages d'un secteur frontalier dans le nord de la Syrie. Les opérations ne visaient pas les Kurdes de Syrie, rétorque un responsable turc.
Les frappes aériennes turques peuvent "modifier l'équilibre" en Syrie et en Irak, estime le Premier ministre Ahmet Davutoglu, qui affirme que son pays n'enverra pas de troupes terrestres en Syrie.
Ankara et Washington sont d'accord pour éliminer l'EI du nord de la Syrie. "Le but est d'établir une zone débarrassée de l'EI et d'améliorer la sécurité et la stabilité le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie", déclare un responsable militaire américain.
- 28 JUILLET : le président Erdogan estime "impossible" de poursuivre le processus de paix avec les Kurdes tant que les rebelles du PKK continuent à procéder à des attaques meurtrières. Il souhaite l'instauration d'une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie pour faciliter le retour chez eux des réfugiés syriens, dont le nombre est évalué à 1,8 million en Turquie.
L'Alliance atlantique, réunie à la demande d'Ankara, assure son allié turc de sa solidarité dans son offensive contre les rebelles kurdes et l'EI.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.