
Mardi 5 mai 2026 à 13h13
Istanbul, 5 mai 2026 (AFP) — Deux cadres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont appelé mardi les autorités turques à surmonter les "blocages" empêchant l'avancée du processus de paix avec Ankara, un an après l'annonce de la dissolution du groupe armé kurde.
Les deux responsables, s'exprimant en kurde et en turc face caméra depuis un lieu non identifié, ont exhorté Ankara à "prendre les mesures législatives nécessaires au bon déroulement du processus", estimant que les déclarations récentes de responsables turcs "selon lesquelles le processus progresse sans blocages ne reflètent pas la situation actuelle".
Ces cadres de la guérilla kurde, Mustafa Karasu et Sozdar Avesta, affirment que le PKK, qui a annoncé fin octobre le retrait de ses derniers combattants présents sur le sol turc vers le nord de l'Irak, a "accompli (sa) part au-delà des espérances".
Les deux responsables, dont les déclarations ont été relayées par l'agence de presse prokurde ANF, ont insisté sur la question du statut d'Abdullah Öcalan, chef historique du PKK détenu à l'isolement depuis 1999 qui avait appelé en février 2025 les combattants kurdes à déposer les armes.
Le PKK avait annoncé en mai 2025 sa dissolution, après plus de quatre décennies d'une lutte armée qui a fait au moins 50.000 morts selon Ankara.
"Nous ne pourrons parler de l'avancement du processus que lorsque le statut du Guide Apo (Abdullah Öcalan, NDLR) sera déterminé et qu'il bénéficiera des conditions lui permettant de travailler librement", ont indiqué les responsables kurdes, appelant à ce que M. Öcalan, âgé de 77 ans, bénéficie d'un "statut juridique et politique" qui lui permette de participer "pleinement" aux négociations avec l'Etat turc.
Le principal allié du président turc Recep Tayyip Erdogan et instigateur du processus de paix, Devlet Bahçeli (MHP, extrême droite), a lui aussi appelé mardi à "discuter" du statut de M. Öcalan, emprisonné sur une île-prison au large d'Istanbul, estimant que "le processus ne peut pas progresser sainement" tant que le chef du PKK ne disposera d'un "rôle défini".
Le président turc avait lui affirmé fin avril que le processus se poursuivait "comme prévu (...), dans une atmosphère positive", rejetant tout blocage dans les négociations.
S'exprimant quelques jours plus tôt, le président du parlement turc Numan Kurtulmus, qui dirige une commission chargée de préparer un cadre légal au processus de paix avec le PKK, avait cependant accusé le groupe kurde de ne pas respecter son calendrier de désarmement.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.