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Turquie: le chef du PKK célèbre "l'ouverture d'une nouvelle ère politique"


Vendredi 27 février 2026 à 10h39

Ankara, 27 fév 2026 (AFP) — Le chef de la guérilla kurde du PKK Abdulah Öcalan a célébré vendredi "l'ouverture d'une nouvelle ère politique" en Turquie, un an après avoir appelé son mouvement à se dissoudre.

Dans un discours lu en son nom, sous son portrait, par une responsable du parti prokurde DEM à Ankara à l'occasion de cet anniversaire, M. Öcalan dit vouloir "ouvrir un processus fondé sur une société démocratique et l'État de droit".

Abdullah Öcalan, 76 ans, chef toujours respecté du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), est détenu à l'isolement depuis 1999 sur une île-prison au large d'Istanbul, sans que le gouvernement turc n'ait assoupli ses conditions de détention ni évoqué une possible libération depuis son appel à renoncer à la lutte armée.

"La porte s'ouvre sur une nouvelle ère politique", déclare-t-il, affirmant à nouveau vouloir "tourner la page d'une politique fondée sur la violence".

"Nombre de difficultés et de crises sont aujourd'hui causées par l'absence d'Etat de droit", poursuit-il, réclamant "un espace favorable à la démocratie et des garanties légales solides".

Au terme d'une première médiation d'élus du parti prokurde DEM, autorisés à le rencontrer en prison, Abdullah Öcalan avait appelé le 27 février 2025 le PKK à "déposer les armes et (...) à se dissoudre", affirmant "assumer la responsabilité historique de cet appel".

"Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale, et non des armes. Et je vous appelle à mettre ce principe en pratique", avait lancé M. Öcalan, apparu le visage amaigri sur la photo de lui diffusée vendredi.

Le 12 mai suivant, le mouvement réuni en congrès avait confirmé sa dissolution et commencé en juillet à déposer les armes lors d'un cérémonie symbolique dans le nord de l'Irak, où sont retranchés la plupart de ses combattants.

Une commission parlementaire turque a rendu le 18 février son rapport sur la "réintégration dans la société turque" des combattants du PKK, excluant néanmoins toute amnistie en leur faveur, sans se prononcer sur le sort du chef historique du mouvement armé kurde.

Ce processus entamé en octobre 2024 à l'initiative du parti nationaliste MHP, allié du gouvernement, vise à mettre un terme à plus de quatre décennies de combats qui ont fait au moins 50.000 morts.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.