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Turquie: le chef du PKK alerte contre tout nouveau retard vers la paix


Lundi 25 mai 2026 à 11h31

Istanbul, 25 mai 2026 (AFP) — Le chef de la guérilla kurde du PKK en Turquie Abdullah Öcalan, détenu à l'isolement au large d'Istanbul, met en garde contre tout nouveau retard dans le règlement du conflit avec Ankara.

"Il est bien sûr important que tout ce qui est entrepris le soit sur une base légale. Mais prolonger l'attente ne produit que des risques. Nous n'avons pas de temps à perdre", indique M. Öcalan dans un message publié lundi par le parti pro-kurde DEM (troisième force au parlement) dont une délégation lui a rendu visite la veille.

A l'appel de son chef, détenu depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali (nord-ouest), en mer de Marmara, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé en mai 2025 sa dissolution et commencé en juillet à déposer les armes lors d'une cérémonie symbolique dans le nord de l'Irak où sont retranchés la plupart de ses combattants.

Un processus entamé en octobre 2024 à l'initiative du parti nationaliste MHP, allié du gouvernement turc, vise à mettre un terme à plus de quatre décennies de combats qui ont fait au moins 50.000 morts.

Il doit désormais trouver un statut légal et une issue pour ses combattants, une mission confiée à une commission parlementaire ad hoc qui a rendu son rapport en février, sans avancée depuis.

"Une réglementation légale nous fera entrer dans une véritable construction positive" souligne M. Öcalan dans son message. "La démocratisation est un besoin vital et le succès du processus nous rapprochera de cet objectif".

Le patron du PKK dénonce par ailleurs le chaos survenu dimanche au siège du premier parti d'opposition, le CHP, dont le président Özgür Özel a été démis par un tribunal d'Ankara arguant d'"irrégularités" lors de son élection.

M. Özel et ses partisans ont été brutalement chassés par les forces de l'ordre à la demande du gouvernement.

"Est-il concevable, en démocratie, de pénétrer au siège d'un parti en enfonçant sa porte à coups de masse ? Les pratiques et les événements qui visent le Parti républicain du peuple sont liés à l'absence de démocratie", affirme le chef du PKK.

M. Özel a été remplacé par l'ancien chef du parti, Kemal Kiliçdaroglu, candidat malheureux à la présidence en 2023 face au président Recep Tayyip Erdogan.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.