
Jeudi 29 janvier 2026 à 16h45
Istanbul, 29 jan 2026 (AFP) — Un tribunal d'Istanbul a acquitté jeudi pour insuffisance de preuves un avocat membre du conseil de l'ordre du barreau d'Istanbul accusé d'"appartenance à une organisation terroriste armée".
"L'enquête ouverte contre Ferat Epözdemir s'est conclue par un acquittement", a déclaré le bâtonnier d'Istanbul, Ibrahim Kaboglu, à l'issue du verdict, selon des propos rapportés par l'agence de presse privée Anka.
Le 9 janvier, la justice turque avait déjà acquitté le bâtonnier d'Istanbul et les membres de son conseil de l'ordre -- dont M. Epözdemir -- du crime de "propagande terroriste" et de "diffusion publique de fausses informations".
Accusé d'appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) et d'en avoir fait la propagande, M. Epözdemir avait été arrêté le 23 janvier 2025 à son retour d'une mission au Conseil de l'Europe à Strasbourg, puis incarcéré.
Libéré après 127 jours de détention, il restait sous contrôle judiciaire.
Les autorités l'accusaient notamment d'avoir occupé des responsabilités au sein d'une structure liée selon elles au PKK, ainsi que d'avoir été membre d'un groupe WhatsApp créé sur instruction de cette structure.
Par ailleurs, un tribunal d'Istanbul a condamné mercredi à plus de onze ans de prison pour "appartenance à un organisation terroriste" et "propagande" Ramazan Demir, l'un des avocats du leader politique kurde Selahattin Demirtas, ex-coprésident du parti DEM, emprisonné depuis 2016 pour "terrorisme".
"Ce procès est en réalité celui des avocats kurdes et du droit à la défense", a réagi à l'issue du verdict Serhat Çakmak, co-président de l'Association des avocats pour la liberté (ÖHD) dont M. Demir est membre.
Le bâtonnier et son équipe étaient quant à eux poursuivis pour avoir réclamé une enquête sur la mort fin 2024 de deux journalistes turcs kurdes dans le nord de la Syrie.
Les deux reporters avaient trouvé la mort lors d'affrontements près de la localité de Kobané, où des factions proturques affrontaient des combattants kurdes considérés comme "terroristes" par Ankara.
Kobané, ville à majorité kurde, est actuellement encerclée par l'armée syrienne qui a décidé de reprendre le contrôle de cette région. Damas a signé un cessez-le-feu provisoire avec les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les combattants kurdes).
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.