
Dimanche 30 novembre 2025 à 14h18
Kandil (Irak), 30 nov 2025 (AFP) — La guérilla kurde du PKK n'ira pas plus loin dans les négociations de paix avec Ankara, estimant que c'est au tour de la Turquie d'agir et de libérer son chef historique Abdullah Öcalan, a déclaré un de ses commandants à l'AFP.
"Nous avons fait ce qu'on nous a demandé. C'est au tour de l'Etat turc. En Turquie il y a eu des discussions mais aucune avancée concrète (...). Désormais nous attendons que l'État turc prenne des mesures et c'est à lui de faire les (prochains) pas", a déclaré le commandant Amed Malazgirt, qui a exigé par ailleurs la libération de M. Öcalan, détenu depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali, au large d'Istanbul.
Le chef militaire du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), rencontré samedi dans les montagnes du Kurdistan dans le nord de l'Irak, salue la création d'une commission transpartisane au sein du Parlement turc: "L'État turc a fait un geste positif, mais ce n'est pas la seule action nécessaire", juge-t-il tout en précisant "suivre de près" ses travaux.
"Nous avons deux revendications. Premièrement, la libération du leader Apo ("oncle", en kurde, surnom d'Abdullah Öcalan, NDLR)... Faute de quoi le processus ne réussira pas. La deuxième est la reconnaissance constitutionnelle et officielle du peuple kurde en Turquie", insiste-t-il.
A propos de M. Öcalan, fondateur du PKK et leader toujours incontesté pour ses partisans, un autre commandant, Serda Mazlum Gabar, a fait valoir à l'AFP que "notre chef Apo est resté dans le système de torture d'Imrali pendant de nombreuses années".
"Nous visons d'abord la reconnaissance du droit à l'espoir et ensuite la liberté totale de la direction" du PKK, a-t-elle insisté: "Par liberté nous entendons qu'il soit libre d'agir, de diriger son mouvement et de s'intégrer au peuple".
Cette notion de "droit à l'espoir" avait été avancée l'an dernier le principal allié du gouvernement turc à l'initiative du processus de paix.
"Nous pouvons garantir la sécurité de notre direction", poursuit-elle en suggérant dans un premier temps "une assignation à résidence" de M. Öcalan pour garantir sa protection.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.