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Turquie: la condamnation de l'opposant kurde Demirtas confirmée en apppel


Mardi 4 decembre 2018 à 15h52

Ankara, 4 déc 2018 (AFP) — La justice turque a rejeté mardi l'appel du leader kurde Selahattin Demirtas contre sa condamnation à quatre ans et huit mois de prison pour "propagande terroriste", a indiqué son avocat.

Cette décision survient deux semaines après celle rendue le 20 novembre par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) sommant la Turquie de mettre fin "dans les plus brefs délais" à la détention provisoire de M. Demirtas dans le cadre d'un autre procès.

La confirmation de la peine de quatre ans et huit mois infligée à M. Demirtas en septembre pour "propagande terroriste" permet à la Turquie de le maintenir en prison même si elle venait à faire volte-face et obtempérer à la décision de la CEDH, qu'elle avait rejetée, concernant sa détention provisoire dans son principal procès.

"Ils le libéreront maintenant facilement dans le dossier pour lequel il est détenu, et diront +regardez, nous respectons la décision de la CEDH+. Mais Demirtas restera pris en otage en raison de la confirmation de sa condamnation à 4 ans et 8 mois (de prison)", a ainsi commenté sur Twitter Mahsuni Karaman, l'un des avocats du leader kurde.

M. Demirtas, ancien co-président du Parti démocratique des peuples (HDP), dont il reste l'une des principales figures de proue, avait déjà accusé il y a deux semaines le gouvernement turc d'accélérer la procédure en appel concernant cette condamnation.

En effet, la décision de la CEDH concernait uniquement son maintien en détention provisoire, depuis novembre 2016, dans le cadre d'un procès où il est notamment jugé pour direction d'une "organisation terroriste", "propagande terroriste" et "incitation à commettre des crimes".

Il risque jusqu'à 142 ans de prison s'il est reconnu coupable dans cette affaire.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accuse régulièrement le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux, avait de toute façon rapidement balayé la décision de la CEDH, assurant qu'elle n'était pas contraignante pour Ankara.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.