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Turquie: l'opposant kurde Demirtas appelle à des "mesures concrètes" pour la paix


Mercredi 24 juin 2026 à 22h08

Ankara, 24 juin 2026 (AFP) — L'opposant kurde Selahattin Demirtas, détenu depuis 2016, a appelé mercredi à "des mesures concrètes" pour l'avancée du processus de paix du groupe armé Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) avec Ankara, alors que le président turc a annoncé un cadre juridique pour le réglement du conflit.

"Le processus exige désormais des mesures concrètes, tangibles et visibles. Ce ne sont pas des compromis, mais mesures qui nous appartiennent de droit", a affirmé M. Demirtas dans un article publié sur le site de l'Association Qad pour la recherche sur la paix, dont il fait partie du conseil d'administration.

M. Demirtas s'exprime pour la première fois depuis plusieurs mois sur le processus de paix en cours.

Détenu à la prison d'Edirne malgré une décision définitive de la Cour européenne des droits de l'homme en sa faveur, M. Demirtas a appelé à "une approche plus inclusive", concernant les Kurdes de Syrie et d'Irak.

Il a également critique l'incertitude qui pèse sur "les libertés, la vie démocratique et les droits fondamentaux de 90 millions de citoyens et des Kurdes".

Appelant à la fin des restrictions sur la langue kurde, M. Demirtas a souligné que "le facteur décisif sera la position et les décisions futures du président" turc Recep Tayyip Erdogan.

A l'appel de son chef Abdullah Öcalan, détenu depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali, le PKK a annoncé en mai 2025 sa dissolution et commencé en juillet 2025 à déposer les armes.

Le processus de paix entamé en octobre 2024 à l'initiative du gouvernement turc vise à mettre un terme à plus de quatre décennies de combats qui ont fait au moins 50.000 morts.

Une commission parlementaire ad hoc a rendu son rapport préconisant un cadre légal pour faciliter le désarmement en février, sans avancée depuis.

"Nous travaillons à l'élaboration d'un cadre juridique qui accélérera la dissolution de l'organisation. Après avoir mené les consultations nécessaires, nous soumettrons sans délai ce règlement au Parlement", a de son côté affirmé mercredi le président turc.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.