Samedi 1 novembre 2008 à 19h55
DIYARBAKIR (Turquie), 1 nov 2008 (AFP) — Des affrontements ont opposé samedi la police à des centaines de Kurdes qui protestaient contre une visite du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dans l'est de la Turquie, région à majorité kurde, et une explosion a fait deux blessés dans le sud-est.
Les Kurdes sont de plus de plus mécontents de l'intensification des opérations de l'armée contre les rebelles kurdes et des mauvais traitements que subit selon eux dans sa prison le leader de la rébellion, Abdullah Öcalan, condamné à la détention perpétuelle.
M. Erdogan, arrivé samedi à Van, dans l'est, pour rencontrer les responsables locaux, a été accueilli par de violentes manifestations.
Les protestataires, principalement des sympathisants du principal parti kurde, le Parti de la société démocratique (DTP), ont lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction de la police, refusant de se disperser, selon des images de la télévision.
La police a procédé à des tirs de semonce en l'air et utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants, qui se sont mis à courir dans les rues. Un policier et un civil ont été blessés et plusieurs manifestants ont été interpellés.
Sept véhicules ont été incendiés au cours de ces violences, qui se déroulaient à 150 mètres de l'endroit où M. Erdogan prononçait un discours pour l'inauguration d'un ensemble de logements financé par le gouvernement, devant une foule de partisans qui agitaient des drapeaux turcs.
"Je visite et je visiterai chaque centimètre de ce pays", a ensuite assuré le Premier ministre à la télévision.
M. Erdogan a accusé les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) d'être à l'origine des troubles. Selon lui, les rebelles considèrent les investissements du gouvernement dans cette région pauvre comme une menace pour le soutien de la population locale à leur cause.
Par ailleurs, une explosion, probablement d'origine criminelle, s'est produite à Hakkari, ville du sud-est qui est l'un des foyers de la rébellion kurde et dans laquelle M. Erdogan doit aussi se rendre dimanche.
L'explosion a eu lieu dans les locaux du Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan, où elle a provoqué d'importants dégâts. Deux personnes ont été blessées, selon une source sécuritaire.
Un responsable de l'AKP a déclaré sous le couvert de l'anonymat qu'il s'agissait probablement d'une bombe. La police n'a pas publié de communiqué.
La rébellion kurde mène depuis 24 ans des actions armées pour obtenir l'autonomie de l'est et du sud-est de la Turquie, régions principalement peuplées de Kurdes. Le conflit a fait plus de 44.000 morts.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.