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Turquie: des dizaines d'arrestations avant les célébrations du 1er-Mai


Mardi 28 avril 2026 à 11h52

Istanbul, 28 avr 2026 (AFP) — Près d'une quarantaine de personnes dont des journalistes, des syndicalistes et des opposants, ont été arrêtées mardi en prévision des célébrations du 1er Mai à Istanbul, traditionnellement verrouillées par la police, rapportent plusieurs sources.

Le bureau du procureur général d'Istanbul a annoncé à la presse des mandats d'arrêt et des perquisitions visant soixante-deux personnes, dont quarante-six "susceptibles de commettre des attentats".

Parmi elles, trente-neuf personnes ont été interpellées, à Istanbul et dans un quartier de Kocaeli (nord-ouest), a-t-il précisé.

Selon l'association de défense de la presse et des droits MLSA, qui évoque "46 arrestations", des perquisitions ont été menées chez un avocat et dans les locaux des journaux d'opposition Özgür Gelecek et Yeni Demokrasi "dont les portes ont été enfoncées".

Selon "l'avocat Serhat Alan, dont le domicile a été perquisitionné, les documents de garde à vue concernant 46 personnes lui ont été présentés", écrit la MLSA, ajoutant que "ce dossier faisant l'objet d'une décision de confidentialité de 24 heures, des restrictions ont été imposées pour l'accès aux avocats".

Le principal parti pro-kurde DEM, troisième force au parlement, a dénoncé "avant même le 1er mai, des opérations ciblant la gauche et les socialistes" et ainsi que des organisations étudiantes.

"De nombreux camarades ont été placés en garde à vue" s'insurge le DEM, évoquant des "interventions visant à rétrécir l'espace de la politique démocratique" et qui ne feront "qu'approfondir les tensions sociales", estime-t-il.

Chaque année, le 1er-Mai donne lieu à un important déploiement policier qui verrouille intégralement, dès la veille au soir, un large périmètre au coeur d'Istanbul et autour de la place Taksim, lieu emblématique des contestations fermé aux manifestations, sur la rive européenne du Bosphore.

En mai 2025, alors que les manifestations s'étaient déplacées vers le quartier de Kadikoy, sur la rive asiatique, plus de 400 personnes avaient été arrêtées.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.