Lundi 13 juin 2011 à 12h10
ANKARA, 13 juin 2011 (AFP) — Le nouveau Parlement turc issu des élections législatives de dimanche en Turquie aura neuf membres venant des prisons où ils sont retenus pour soupçons de complot contre le gouvernement ou collusion avec la rébellion kurde, selon les résultats publiés lundi.
Ces candidats ont été présentés sur des listes de l'opposition, un pied de nez aux enquêtes judiciaires controversées lancées ces dernières années.
Ils rejoindront les bancs du Parlement et disposeront d'une immunité. Leur procès se poursuivra.
Le journaliste d'opposition connu Mustafa Balbay et l'universitaire Mehmet Haberal ont été élus sur les listes du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), tandis que le général à la retraite Engin Alan a été élu dans les rangs du parti nationaliste MHP.
Ces nouveaux parlementaires sont accusés d'implication dans des projets de conspiration visant à renverser le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) qui a remporté une écrasante victoire dimanche, s'assurant d'une troisième législature d'affilée depuis 2002.
Environ 500 personnes -- intellectuels, journalistes -- ont été écrouées pour avoir projeté de créer par des actes violents un terrain propice à une intervention de l'armée contre l'AKP.
Toutefois, l'excès de zèle des enquêteurs a suscité des soupçons de dérive autoritaire du pouvoir, pour museler toute opposition.
Deux autres suspects dans ces affaires, le juriste Ilhan Cihaner et l'homme d'affaires Sinan Aygün, qui ont brièvement été mis derrière les barreaux, ont également été élus sur une liste CHP.
Six militants de la cause kurde, incarcérés pour collusion avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit), en lutte armée contre les forces d'Ankara depuis 1984, ont aussi été élus.
Parmi eux: Hatip Dicle, figure influente de la cause kurde, qui a passé dix ans en prison.
Il disposait du soutien de la principale force pro-kurde, le Parti pour la paix et la démocratie (BDP) qui a présenté des candidats indépendants.
Leyla Zana, une autre figure importante de l'activisme Kurde, emprisonnée elle aussi pendant dix ans, ira elle aussi à l'Assemblée.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.