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Turquie: cinq suspects arrêtés après la mort de trois soldats


Dimanche 26 octobre 2014 à 18h14

Istanbul, 26 oct 2014 (AFP) — La police turque a arrêté dimanche cinq personnes soupçonnées d'avoir tué la veille dans le sud-est du pays trois soldats, une attaque qui a été attribuée par l'armée aux rebelles séparatistes kurdes de Turquie, a annoncé l'agence officielle Anatolie.

La police a mené plusieurs incursions matinales à différentes adresses de la ville de Yuksekova dans la province de Hakkari, où les trois soldats ont été tués. Cinq suspects, identifiés comme étant Mesut K., Islam B., M.Ali A., Orhan B. et Bayram A., ont été arrêtés et étaient interrogés par la police, a ajouté l'agence.

L'armée a attribué cette attaque aux rebelles séparatiste kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a mené pendant trois décennies une lutte armée contre les autorités turques mais qui observe depuis mars 2013 un cessez-le-feu globalement respecté.

L'attaque contre les trois soldats, qui n'a toujours pas été revendiquée, a compromis les chances du processus de paix avec les rebelles dans lequel est engagé le gouvernement islamo-conservateur.

En outre, le corps d'un membre d'une milice d'autodéfense villageoise porté disparu depuis deux mois a été retrouvé attaché un poteau télégraphique dans le district de Tatvan dans la région de Bitlis (sud-est), un crime relié par des médias turcs au PKK.

Dimanche, le président Recep Tayyip Erdogan a estimé que ni le PKK ni le Parti démocratique du populaire, principal parti pro-kurde de Turquie, ne souhaitaient réellement la paix.

"Ni le PKK ni le parti qui est son émanation ne veulent la paix. Deux et deux font quatre", a déclaré M. Erdogan à des journalistes turcs.

Il a affirmé que la population kurde de Turquie était satisfaite des projets de développement du gouvernement dans la région mais qu'une "organisation terroriste", allusion directe au PKK, bloquait les efforts de paix.

M. Erdogan a également estimé qu'il pouvait y avoir une scission entre certains éléments du PKK et le chef historique des séparatistes Abdullah Ocalan qui purge depuis 1999 une peine de prison à vie dans l'île-prison d'Imrali (nord-ouest de la Turquie).

Ocalan a déclaré récemment qu'il restait confiant dans les chances de succès du processus de paix engagé avec le gouvernement turc.

"Pour autant que je puisse en juger, Imrali est également inquiet et a fait une déclaration pour dire que le processus de paix ne devrait pas être compromis", a ajouté M. Erdogan, évitant d'appeler Ocalan par son nom.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.