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Turquie: aveux du principal suspect dans l'attentat de Diyarbakir (police)


Jeudi 10 janvier 2008 à 16h07

DIYARBAKIR (Turquie), 10 jan 2008 (AFP) — Le principal suspect dans l'enquête sur un attentat qui a fait six morts la semaine dernière à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, a avoué avoir agi sur ordre des rebelles kurdes, ont affirmé jeudi des sources policiaires et judiciaires.

E. P., 23 ans, a déclaré dans ses dépositions avoir reçu du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) des ordres pour commettre l'attentat à la voiture piégée après des raids de l'aviation turque contre les camps des rebelles dans le nord de l'Irak, ont indiqué des sources policières.

Il a dit que les ordres lui avaient été transmis par deux rebelles du PKK qui ont planifié l'attaque et l'ont aidé à placer les explosifs dans la voiture et à stationner le véhicule dans le centre-ville de Diyarbakir, la principale ville du Sud-Est anatolien, peuplé en majorité de Kurdes, selon ces sources.

La bombe a été actionnée à distance jeudi dernier au passage d'un camion militaire transportant une cinquantaine de soldats.

Des sources judiciaires proches de l'enquête ont confirmé que le suspect avait avoué avoir commis l'attentat, qui a également fait près de 70 blessés, dont une trentaine de soldats.

La police était à la recherche des deux rebelles mentionnés par E. P.. En l'absence de preuves, elle a en revanche relâché jeudi un des sept suspects déjà arrêtés.

Un juge doit entendre les suspects d'ici à la fin de la semaine et décider de leur éventuel placement en détention provisoire.

Les autorités ont très tôt porté leurs soupçons sur le PKK, qui a menacé Ankara de représailles après des raids de l'aviation turque en décembre contre ses camps dans le nord de l'Irak, qui selon l'armée ont fait au moins 150 morts chez les rebelles.

Les rebelles ont pour leur part présenté mardi leurs "excuses" pour l'attentat, expliquant qu'il avait été commis par des membres de l'organisation agissant de leur propre chef.

Le conflit kurde a causé la mort de plus de 37.000 personnes depuis 1984, date du début de l'insurrection séparatiste du PKK.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.