
Mercredi 15 octobre 2014 à 14h21
Istanbul, 15 oct 2014 (AFP) — Le gouvernement islamo-conservateur turc a présenté mercredi un projet de loi qui renforce les pouvoirs de ses forces de sécurité après les récentes émeutes prokurdes causées dans le pays par sa politique en Syrie, qui ont fait plus de 30 morts.
Baptisé "réforme de la sécurité intérieure", ce texte a été déposé devant le Parlement par deux députés du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir et doit être discuté à partir de la semaine prochaine, a-t-on appris de source parlementaire.
Il vise à "donner l'avantage à la police" en cas de "violences généralisées", a justifié le vice-Premier ministre Bülent Arinç.
Selon les médias turcs, ce projet étend le droit des forces de sécurité à recourir aux perquisitions, saisies et autres écoutes téléphoniques dans leurs enquêtes visant des "organisations armées", ainsi que celui d'interdire l'accès, sur avis du parquet ou d'un juge, aux personnes mises en cause dans ces dossiers.
Le texte prévoit en outre une aggravation des peines encourues par les auteurs de dégradations de biens publics ou les manifestants qui dissimulent leurs visages.
La semaine dernière, des milliers de jeunes kurdes sont descendus dans les rues de tout le pays pour dénoncer le refus d'Ankara d'intervenir militairement pour venir en aide aux combattants kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané (Aïn al-Arab en langue arabe), assiégée par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
Ces émeutes ont fait au moins 34 morts, plusieurs centaines de blessés et causé de très importants dégâts matériels.
La police a procédé à plus d'un millier d'interpellations.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Ahmet Davutoglu ont promis ces derniers jours de sévir contre les "vandales" à l'origine de ces violences.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.