
Jeudi 23 juin 2016 à 16h22
Istanbul, 23 juin 2016 (AFP) — Une cour criminelle d'Istanbul à acquitté jeudi à l'ouverture de son procès un universitaire britannique résidant depuis de longues années dans la mégapole et qui avait été accusé de "propagande terroriste" en faveur des rebelles kurdes.
"Et acquitté!" s'est félicité Chris Stephenson sur son compte Twitter.
Le parquet d'Istanbul avait requis de un à cinq ans de prison à l'encontre de M. Stephenson, qui réside depuis 25 ans en Turquie et enseigne à l'université Bilgi d'Istanbul.
Il avait été interpellé en mars devant le palais de justice d'Istanbul alors qu'il était venu apporter son soutien à trois universitaires turcs, arrêtés pour avoir signé une pétition accusant l'État de "massacre antikurdes" dans le sud-est du pays.
Le Britannique a ensuite été expulsé mais est revenu une semaine plus tard en Turquie car il ne faisait pas l'objet d'une interdiction d'entrée sur le territoire.
Des procureurs lui reprochaient d'avoir mené une "propagande terroriste" pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation terroriste selon bon nombre de pays. Selon les procureurs M. Stephenson était en possession de tracts pro-PKK lorsqu'il a été interpellé le 15 mars.
L'universitaire a pour sa part affirmé que la police avait retrouvé dans son sac une invitation pour les célébrations du nouvel an kurde, le Newroz, le 21 mars.
Le régime islamo-conservateur turc du président Recep Tayyip Erdogan, accusé de dérive autoritaire et d'enfreintes à la liberté de la presse, a promis d'intensifier la lutte contre les militants kurdes, y compris contre les intellectuels qui les soutiennent avec leur plume.
Dans ce contexte délétère, le représentant de Reporters sans Frontières (RSF) en Turquie, Erol Önderoglu, et deux autres militants ont été inculpés et écroués lundi pour avoir participé à une campagne de solidarité avec un quotidien pro-kurde, une démarche qui a suscité l'indignation en Turquie et à l'étranger.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.