
Jeudi 19 février 2026 à 17h51
Istanbul, 19 fév 2026 (AFP) — Le parti pro-kurde DEM en Turquie a accusé jeudi la police turque d'avoir arrêté 99 jeunes de moins de 18 ans pour avoir pris position contre l'offensive syrienne visant les Kurdes dans le nord de la Syrie le mois dernier.
Dans une pétition adressée à la commission des droits de l'homme du Parlement, huit députés du parti DEM ont déclaré qu'"au moins 99 mineurs avaient été arrêtés" en janvier en lien avec la Syrie, a indiqué le parti dans un communiqué.
Le parti demande l'ouverture d'une enquête parlementaire.
Parmi les jeunes interpellés, 25 ont été placés en détention sur décision d'un tribunal. Les 74 autres mis en garde à vue ont été relâchés par la suite.
Les procureurs ont ouvert contre eux des enquêtes pour "propagande organisée".
Le parti cite le cas d'un jeune de 16 ans arrêté à Izmir pour une vidéo et une chanson publiées en ligne sur le tressage des cheveux, qui a été soumis à une fouille à nu dans les locaux de détention pour mineurs de la ville.
Le mois dernier, le tressage des cheveux est devenu un symbole de solidarité avec les Kurdes syriens, en pleine offensive militaire de Damas dans le nord-est de la Syrie pour réaffirmer son autorité, déclenchant des protestations parmi les Kurdes de Turquie.
Le DEM a déclaré que certains des mineurs interpellés avaient été "privés de leur droit de voir un avocat pendant 24 heures", que d'autres avaient subi des "violences physiques" pendant leur détention, avaient été interrogés sans la présence d'un représentant légal et avaient été "contraints de signer des documents sous la pression".
D'autres ont été "contraints de se soumettre à une fouille à nu" à leur entrée dans les centres de détention, ont été "victimes d'insultes et d'injures" ou ont vu leurs "cheveux coupés sans leur consentement".
Pendant l'opération en Syrie, les réseaux sociaux ont été inondés de vidéos montrant des femmes se tressant les cheveux en réponse à une vidéo montrant un soldat syrien tenant une tresse qu'il affirmait avoir coupé à une combattante kurde - une affirmation qui n'a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.