Mercredi 17 août 2011 à 16h17
ANKARA, 17 août 2011 (AFP) — Huit soldats turcs et un milicien kurde ont été tués mercredi dans une embuscade tendue par des rebelles kurdes dans le sud-est de la Turquie, a annoncé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui a affirmé que son pays était "à bout de patience".
Un précédent bilan fourni par M. Erdogan lui-même était de 7 soldats et un milicien tués.
"Nous sommes maintenant à bout de notre patience", a dit M. Erdogan aux journalistes à Istanbul, indiquant qu'outre huit soldats, un "gardien de village", force paramilitaire pro-Ankara, avait perdu la vie dans l'attaque.
Onze soldats ont été blessés, a ajouté M. Erdogan.
Interrogé sur d'éventuelles nouvelles mesures envisagées par son gouvernement contre les rebelles, il a répondu: "Vous verrez quand cela se produira".
L'attaque s'est produite à Cukurca (province de Hakkari), à la frontière avec l'Irak, a indiqué le ministre.
Des renforts ont été envoyés dans la zone où des combats ont été signalés, a-t-on souligné de source locale à Hakkari. Selon ces sources au moins deux explosions ont eu lieu sur une autoroute, vraisemblablement des mines commandées à distance, au passage d'un convoi militaire.
"Nous riposterons avec la plus grande fermeté", a souligné M. Yilmaz, accusant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de vouloir "tester la patience" de la Turquie.
Le PKK a revendiqué l'attaque depuis le nord de l'Irak où il possède des camps.
"Nos forces ont mené une embuscade contre l'armée turque (...) à la frontière", a indiqué Doldar Hammo, un porte-parole du PKK à l'AFP.
"Plusieurs soldats turcs ont été tués dans les affrontements qui se poursuivaient il y a deux heures", a-t-il ajouté.
Le 16 juin, 13 soldats avaient été tués dans des affrontements avec le PKK dans la province de Diyarbakir, la plus importante du Sud-Est anatolien peuplé majoritairement de Kurdes. Ce sont les pertes les plus lourdes pour l'armée turque dans ce conflit depuis octobre 2008.
M. Erdogan a récemment annoncé que son gouvernement envisageait des mesures militaires et policières plus sévères contre les rebelles avec la fin du mois de Ramadan, fin août.
Selon la presse, parmi ces mesures figurerait l'envoi dans les zones de combats de forces spéciales de la police et d'unités composées essentiellement de soldats de métier dans le cadre d'une réorganisation de l'appareil sécuritaire mis en place dans l'Est et le Sud-Est anatoliens.
Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne, s'est engagé dans la lutte armée en 1984. On estime que ce conflit a fait 45.000 morts depuis cette date.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.