Page Précédente

Turquie: 20 ans après, des ex-soldats jugés pour le meurtre de six kurdes


Mardi 5 novembre 2013 à 12h01

DIYARBAKIR (Turquie), 05 nov 2013 (AFP) — Un tribunal de Sirnak, dans le sud-est de la Turquie, a ouvert mardi le procès de six anciens militaires turcs, dont un général, accusés d'avoir torturé puis assassiné six villageois kurdes en 1993, avant de faire disparaître leurs corps.

Ces six habitants du village de Görümlü, dans la province de Sirnak, étaient soupçonnés d'aider les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), au plus fort des combats qui les opposaient alors à l'armée turque.

Aucun des accusés, qui risquent tous la prison à vie, n'a assisté mardi à la première audience du procès, que les juges de Sirnak ont immédiatement décidé de délocaliser à Ankara pour des raisons de sécurité.

La date de la prochaine audience dans la capitale n'a pas été fixée.

L'ouverture du procès de l'ex-général Mete Sayar, qui commandait les forces turques dans la région, et des cinq soldats sous ses ordres a été salué par les victimes et les ONG de défense des droits de l'Homme comme la fin de l'impunité des responsables militaires de l'époque, accusés d'être à l'origine de nombreuses disparitions.

Human Rights Watch (HRW) a ainsi souligné que "les familles (des victimes) ont attendu deux décennies".

"Le procès de Mete Sayar et des autres pour le meurtre et la disparition des villageois de Görümlü est un pas significatif pour que justice soit rendue à leur familles", a estimé Emma Sinclair Webb, responsable de HRW pour la Turquie, dans un communiqué publié lundi.

Le PKK a engagé en 1984 contre l'Etat turc une guérilla qui a fait à ce jour plus de 40.000 victimes.

Le gouvernement islamo-conservateur d'Ankara a renoué le dialogue il y a un an avec le chef emprisonné du PKK Abdullah Öcalan mais ces pourparlers sont au point mort.

Le PKK, qui a décrété en mars un cessez-le-feu unilatéral, a suspendu début septembre le retrait de ses combattants de Turquie, jugeant que les gestes de l'Etat turc insuffisants.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.